... disait Jacques Demy. Voici donc quelques bonnes raisons d'aller (ou pas) au cinéma cette semaine.

Les sorties de la semaine
Les sorties de la semaine

Sami, une jeunesse en Laponie d'Amanda Kernell

Voilà comment Amanda Kernell présente son film : "De nombreux Samis ont décidé de tout quitter et de devenir Suédois. Ainsi, je me suis toujours demandé ce qui se passe quand on décide de couper tout contact avec sa propre culture et son histoire ? Peut-on réellement devenir une nouvelle personne à part entière ? Sami est une déclaration d’amour à tous ceux qui sont partis et à tous ceux qui sont restés - racontée du point de vue de Elle Marjas. Je souhaitais faire un film où l’on pouvait comprendre la société amie de l’intérieur. Un film qui permet de vivre de manière physique cette partie sombre de l’histoire coloniale suédoise. Un film avec des joik (chants traditionnels) et du sang."

Millenium : ce qui ne tue pas de Federico Alvarez

Adapté du livre de David Lagercrantz, qui a repris la saga Millénium après le décès de son créateur : Stieg Larsson. Le film n'est pas pour autant la suite du film de David Fincher sorti en 2012. On y retrouve Lisbeth Salander qui après avoir eu les traits de Noomi Rapace et Rooney Mara est interprété par Claire Foy (La reine Elisabeth dans The Crown).

Carmen et Lola d'Arantxa Echeverria

L'histoire : Carmen vit dans une communauté gitane de la banlieue de Madrid. Comme toutes les femmes qu’elle a rencontrées dans la communauté, elle est destinée à reproduire un schéma qui se répète de génération en génération : se marier et élever autant d’enfants que possible, jusqu’au jour où elle rencontre Lola. Cette dernière, gitane également, rêve d’aller à l’université, fait des graffitis d’oiseaux et aime les filles. Carmen développe rapidement une complicité avec Lola et elles découvrent un monde qui, inévitablement, les conduit à être rejetées par leurs familles.

Célébration d'Olivier Meyrou

Olivier Meyrou revient sur la genèse du projet Celebration : "J’ai rencontré l’univers Saint Laurent en réalisant Zelda un documentaire sur la directrice de la marque YSL aux Etats-Unis, Connie Uzzo une femme hors convention. C’est suite à une projection de ce film que nous avons tissé des liens avec Pierre Bergé et qu’est née cette idée de film sur l’intimité de la maison de couture. A posteriori, je me dis que Pierre Bergé a été très réactif à cette idée, parce qu’il avait, sans doute, décelé mon goût pour les aventures humaines et que ne connaissant rien à la mode, il pensait que je lui accorderais pas mal de place. Je suis resté deux ans en immersion dans cette maison et j’ai rencontré une galerie de personnages : Yves Saint Laurent, Pierre Bergé, Monette, Loulou de la Falaise, Nina, Betty Catroux, Madame Colette, Monsieur Jean-Pierre, Katoucha, Dominique Deroche… Et c’est ce que l’on recherche quand on fait un documentaire, en tout cas tel que je les envisage. Tous mes films sont essentiellement des portraits. Et là il y en avait beaucoup. Et d’ailleur, je ne filme que les gens que j’aime, car je ne peux pas passer deux, trois années de ma vie avec des gens que je n’aime pas."

Les Chatouilles d'Andrèa Bescond et Eric Métayer

Les Chatouilles est l'adaptation de la pièce interprétée par Andréa Bescond, "Les Chatouilles ou la danse de la colère." Elle y racontait notamment les agressions sexuelles subies quand elle était enfant.  

"J’avais déjà raconté à Eric Métayer, de manière décousue, les violences sexuelles dont j’avais été victime dans mon enfance, raconte-t-elle, et plus je lui en parlais, plus j’évoquais aussi les rencontres cocasses et inattendues que j’avais faites et qui m’avaient ramenée vers la lumière. En m’écoutant, Eric a compris que me confier me faisait du bien et que mon témoignage pouvait aider beaucoup de gens qui, eux aussi, avaient vécu ce type de violence. Comme j’étais enceinte de mon deuxième enfant et que je me demandais quoi faire de mes journées, j’ai commencé à écrire et Eric m’y a encouragée."  

Joué a Avignon en 2014, le spectacle est un succès qui donne envie à Andréa Bescond et Eric Métayer, qui sont en couple à la ville, de poursuivre l'aventure au cinéma.

Mon cher enfant de Mohamed Ben Attia

Le point de départ de Mon cher enfant trouve son origine avant le tournage de Hedi, un vent de liberté, le premier film de Mohamed Ben Attia. A ce moment, les témoignages de parents partis à la recherche de leurs enfants qui avaient rejoint Daech commençaient à se généraliser à la radio, à la télévision et dans les journaux. Le metteur en scène se rappelle :   

"Un jour, j’étais en voiture et j’ai entendu, sur notre radio nationale en français, un père raconter son histoire. Je ne sais pas comment l’expliquer, il m’a beaucoup marqué. Il n’arrêtait pas de dire "mon fils". Il était extrêmement précis et factuel. Il racontait l’aéroport, l’avion, la Turquie, la frontière, la Syrie, etc. Ce qui m’a le plus ému, c’est qu’il racontait son périple de façon démunie de tout pathos. Il était tout le temps dans l’action. Il donnait des détails, des faits, des dates... J’ai eu envie de m’inspirer de son histoire."

Premières Solitudes de Claire Simon

Premières Solitudes est né de la rencontre entre Claire Simon et dix élèves de la classe de Première, spécialité Cinéma, du lycée Romain Rolland d’Ivry-sur-Seine dans le cadre d’un partenariat entre la ville, le cinéma le Luxy et le lycée. Alors qu'ils devaient travailler ensemble sur la réalisation d'un court-métrage, la réalisatrice les a tout d'abord interrogés un à un face caméra sur la solitude : 

"J’ai choisi la solitude comme question, explique-t-elle parce que ça me semblait l’expérience la plus intéressante à partager au-delà des générations. Dès que j’ai commencé à tourner, la première élève a tout de suite parlé de ses parents : 'Dès que je rentre je vais dans ma chambre, je joue du piano. C’est mon père qui me l’a offert mais il ne peut pas m’écouter car il doit rester sur le palier. Mon père ne peut pas rentrer chez moi …'".

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