disait Jacques tati. Une pensée qui colle bien aux films de la semaine. Lesquels faut-il voir, lesquels vaut-il mieux éviter ? Les conseils de Christine Masson et Laurent Delmas

Les sorties de la semaine
Les sorties de la semaine © Getty

Anna, un jour de Zsófia Szilágyi

L'histoire : Anna a la quarantaine, trois enfants, un mari, un emploi et quelques soucis financiers. Elle passe son temps à courir, entre le travail, la maison et les enfants. Elle aime son mari, mais elle sent qu’elle est en train de le perdre. Submergée par le rythme frénétique de ses journées, elle se retrouve dans cette période fragile, où l’on ne sait comment changer, où l’on réalise qu’il y a des choses que l’on ne pourra pas recommencer. Anna arrivera-t-elle à sauver ce qui est précieux et unique dans sa vie ?

C'est en écoutant une de ses amies lui décrire sa journée de jeune maman que Zsófia Szilágyi a eu l'idée de son premier long métrage :"Cela m’a surpris de voir à quel point c'était difficile, mais ce qui m’a le plus étonnée, c’est que je n’avais jamais eu la moindre idée de la difficulté que cela représentait. C'était comme si les charges quotidiennes supportées par une mère était un secret et/ou un tabou. J'ai voulu comprendre ce qui rendait sa description de journée-type si compliquée."

Bernard Natan, le fantôme de la rue Francoeur de Francis Gendron

L'histoire : Portrait d’un des personnages les plus importants et controversés du cinéma d'avant-guerre. Bernard Natan, né Natan Tannenzaft en 1886 de parents juifs en Roumanie, a contribué à fonder l'industrie du cinéma en France.
En 1929, il acquiert Pathé, la plus grande compagnie de France. Il construit un large réseau de salles de cinéma, produit plus de 65 longs-métrages, modernise les studios et les salles pour les adapter au cinéma parlant. Mais la reprise de Bernard Natan coïncide avec la Grande Dépression. Et il est attaqué sans répit par la presse française. Plusieurs de ces attaques sont d'ordre antisémite. Il devient « le Juif le plus haï de France ».
1935, Pathé tombe en banqueroute, les autorités inculpent Natan pour escroquerie...

Buñuel, après l’âge d’or de Salvador Simo

L'histoire : Suite au scandale de la projection de L’âge d'or à Paris en 1930, Luis Buñuel se retrouve totalement déprimé et désargenté. Un ticket gagnant de loterie, acheté par son ami le sculpteur Ramon Acin, va changer le cours des choses et permettre à Buñuel de réaliser le film Terre sans pain et de retrouver foi en son incroyable talent.

Buñuel après l'âge d'or est une adaptation du roman graphique de Fermín Solís, Buñuel dans le labyrinthe des tortues. Pour cerner au mieux Buñuel, le réalisateur Salvador Simó a eu l'occasion de s'entretenir à Paris avec son fils Juan Luis : "j’ai essayé de faire le portrait d’un artiste, pas celui du grand réalisateur que tout le monde connaît aujourd’hui, mais celui d’un jeune homme au début de sa carrière, quasiment inconnu, un type du nom de Luis tout simplement".

Contre ton cœur de Teresa Villaverde

L'histoire : Au Portugal, le quotidien d’une famille est bouleversé : le père se retrouve au chômage et la mère doit alors cumuler deux emplois. Mais leur fille est bien décidée à ne pas se laisser abattre et à continuer à vivre sa vie d’adolescente. Une distance trouble s’installe entre eux : le début d’une lente implosion, chacun cherchant à s’adapter à sa façon à cette situation nouvelle.

Le point de départ du film, c’est la perte du travail du père dans ce trio familial. "Comme l’égalité des sexes n’existe toujours pas au Portugal, ça m’intéressait de traiter d’une famille dans laquelle c’est le père qui perd son emploi", explique Teresa Villaverde. "Quand le film commence, le drame a déjà eu lieu. On prend les personnages en route alors que la situation s’est déjà détériorée, avec beaucoup de non-dits."

Le Daim de Quentin Dupieux

L'histoire : Georges, 44 ans, et son blouson, 100% daim, ont un projet.

(RÉ)ÉCOUTER | Jean Dujardin et Quentin Dupieux avec Ali Baddou

Nevada de Laure De Clermont-Tonnerre

L'histoire : Incarcéré dans une prison du Nevada, Roman n’a plus de contact avec l’extérieur ni avec sa fille... Pour tenter de le sortir de son mutisme et de sa violence, on lui propose d’intégrer un programme de réhabilitation sociale grâce au dressage de chevaux sauvages. Aux côtés de ces mustangs aussi imprévisibles que lui, Roman va peu à peu réapprendre à se contrôler et surmonter son passé.

La rencontre avec Robert Redford a été déterminante pour la réalisatrice : "Il vient vers moi et me dit “on a une chose en commun, on aime les chevaux”. Il connaissait très bien le programme de réhabilitation des prisonniers par les mustangs, et il possède une réserve qui protège et sauve des centaines de chevaux sauvages. Évidemment, mon histoire le touchait et il avait envie de l’accompagner. Ensuite, à l’étape de l’atelier mise en scène, il a confirmé son intérêt et proposé d’en être le producteur exécutif."

Silence de Masahiro Shinoda

L'histoire : Au XVIIème siècle, deux prêtres portugais débarquent sur les côtes japonaises. Leur but est d'infiltrer la communauté chrétienne contrainte à la clandestinité par les autorités féodales, et de réimplanter l'Eglise dans ce pays insulaire isolé. Bientôt persécutés à leur tour, les prêtres vont découvrir la terrible vérité cachée derrière la disparition d'un autre missionnaire des années auparavant...

Tolkien de Dome Karukoski

L'histoire : Tolkien revient sur la jeunesse et les années d’apprentissage du célèbre auteur. Orphelin, il trouve l’amitié, l’amour et l’inspiration au sein d’un groupe de camarades de son école. Mais la Première Guerre Mondiale éclate et menace de détruire cette « communauté ». Ce sont toutes ces expériences qui vont inspirer Tolkien dans l’écriture de ses romans de la Terre du Milieu.

"Je suis fan de Tolkien depuis l’âge de 12 ans, explique Dome Karukoski. Le plus important pour moi était d’apporter à ce film toutes les émotions que j’ai ressenties en lisant ses livres. Tolkien est une merveilleuse histoire d’amour et d’amitié. C’est l’histoire d’un orphelin qui fait de ses amis une véritable famille, qui part à la guerre et tombe amoureux d’une femme qu’il aimera pour l’éternité. En même temps, le film traite de la façon dont Tolkien, dans son génie créatif, est parvenu à intégrer ces choses bien réelles que sont l’amitié, la guerre ou l’amour à des univers fantastiques incroyablement vivants."

Les Monstres de Dino Risi

L'histoire : Dix-neuf sketches, souvent féroces, sur les petites bassesses de tous les jours interprétés avec vigueur par Vittorio Gassman et Hugo Tognazzi.

Noureev de Ralph Fiennes

L'histoire : Jeune prodige du célèbre ballet du Kirov, Rudolf Noureev est à Paris en juin 1961 pour se produire sur la scène de l'Opéra. Fasciné par les folles nuits parisiennes et par la vie artistique et culturelle de la capitale, il se lie d'amitié avec Clara Saint, jeune femme introduite dans les milieux huppés. Mais les hommes du KGB chargés de le surveiller ne voient pas d'un bon œil ses fréquentations "occidentales" et le rappellent à l'ordre. Confronté à un terrible dilemme, Noureev devra faire un choix irrévocable, qui va bouleverser sa vie à jamais. Mais qui va le faire entrer dans l’Histoire.

Ralph Fiennes a découvert la vie de Rudolf Noureev il y a près de 20 ans dans une biographie écrite par une de ses amie, Julie Kavanagh. Ralph Fiennes y voit un potentiel cinématographique, même si, à l'époque il n'envisage pas de la porter lui-même à l'écran : "ce qui m’intéressait, c’était la volonté de Noureev d’accomplir son destin et la cruauté des épreuves qu’il a surmontées, ou encore le contexte du fossé idéologique entre l’Est et l’Ouest au plus fort de la guerre froide".

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