Une semaine pléthorique et éclectique. Laurent Delmas et Christine Masson vous aident à faire votre choix.

Les sorties de la semaine
Les sorties de la semaine © Getty

Adoration de Fabrice du Welz

Paul, un jeune garçon solitaire, rencontre Gloria, la nouvelle patiente de la clinique psychiatrique où travaille sa mère. Tombé amoureux fou de cette adolescente trouble et solaire, Paul va s’enfuir avec elle, loin du monde des adultes...

Fabrice du Welz  cite volontiers Cocteau, Melville, Georges Franju, Carné ou Duvivier comme ses maîtres. Avec ce film, il souhaitait renouer avec un certain réalisme poétique. Est-ce pour celà qu'il a fait le choix de ne pas tourner en numérique mais en pellicule 35mm : "Je ne dis pas que je ne tournerais jamais en numérique si un jour le sujet le justifie, explique le réalisateur, mais aujourd’hui, je suis trop amoureux de l’alchimie du cinéma. L’argentique me surprend. Le numérique est moins mystérieux, moins poétique, plus confortable. Et je ne suis pas nostalgique mais tourner en argentique donne plus de panache. Je suis tellement attaché à l’aspect physique du cinéma, j’ai besoin de le traverser avec mon corps"

Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part de Arnaud Viard

Dans la belle maison familiale, à la fin de l’été, Aurore fête ses 70 ans, entourée de ses 4 enfants, tous venus pour l’occasion. Il y a là Jean-Pierre, l’aîné, qui a endossé le rôle de chef de famille après la mort de son père ; Juliette, enceinte de son premier enfant à 40 ans et qui rêve encore de devenir écrivain ; Margaux, l’artiste radicale de la famille, et Mathieu, 30 ans, angoissé de séduire la jolie Sarah. Plus tard, un jour, l’un d’eux va prendre une décision qui changera leur vie…

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part est "librement" adapté d'un livre d'Anna Gavalda. Et tout est dans ce "librement". Ce recueil comprend douze nouvelles. Arnaud Viard est partie de la nouvelle "Clic Clac" qui raconte l’histoire de deux soeurs et d’un frère qui a du mal à couper le cordon avec ses soeurs. Le metteur en scène précise : "J’ai ajouté à cette fratrie, le Jean-Pierre de la nouvelle "Le fait du jour". J’avais ma fratrie. J’ai ensuite insufflé à ces 4 personnages des situations, des bouts de dialogues ou d’histoires, que j’ai piochés dans les nouvelles."

K contraire de Sarah Marx

Quand Ulysse, 25 ans sort de prison, il doit gérer sa réinsertion et la prise en charge de sa mère malade. Sans aide sociale, il lui faut gagner de l’argent et vite. Avec son ami David, ils mettent en place un plan. Mais rien ne se passe comme prévu.

C'est après avoir réalisé un documentaire sur un atelier théâtre à la maison d'arrêt de Nanterre que Sarah Marx a eu l'idée et l'envie de raconter cette histoire. "Le cinéma doit permettre à ces hommes aux parcours chaotiques de retrouver un semblant de dignité, explique la cinéaste et K contraire s'inscrit pleinement dans cette logique."

La Llorona de Jayro Bustamante

La Llorrona : seuls les coupables l’entendent pleurer. Selon la légende, la Llorona est une pleureuse, un fantôme qui cherche ses enfants. Aujourd’hui, elle pleure ceux qui sont morts durant le génocide des indiens mayas. Le général, responsable du massacre mais acquitté, est hanté par une Llorona. Serait-ce Alma, la nouvelle domestique ? Est-elle venue punir celui que la justice n’a pas condamné ?

Avec ce film, Jayro Bustamante achève sa trilogie commencée avec Ixcanul et Tremblements. "J’ai voulu dénoncer les trois mots les plus discriminants qui soient, au Guatemala. Le premier mot, c’est « Indiens ». Au Guatemala, il désigne les indigènes maya, dont parle « Ixcanul ». Le second mot c’est « Homosexuels », le sujet de « Tremblements ». Le troisième mot c’est celui « Communiste ». C’est ainsi qu’on vous désigne au Guatemala, si vous défendez les droits de l’homme. C’est notamment de cela dont parle la Llorona."

Luciernagas de Bani Khoshnoudi

Quand Ramin embarque clandestinement sur un cargo quittant la Turquie, il ne s’attend pas à se retrouver à Veracruz au Mexique. Jeune homme gay persécuté en Iran, il espérait pouvoir rejoindre l'Europe. Maintenant qu’il est à l'autre bout du monde, il cherche à revenir en arrière, supportant mal d’avoir laissé derrière lui son petit ami et son passé. Il éprouve des sentiments paradoxaux, oscillant entre la nostalgie et la découverte d’un nouvel environnement plus clément. Pour gagner un peu d'argent, Ramin enchaîne les petits boulots précaires avec d'autres migrants. C'est là qu'il va rencontrer Guillermo, un ancien membre de gang venant du Salvador, obligé de fuir son pays, unique moyen pour lui d’échapper à son passé violent, avec lequel il noue une relation ambiguë. Ici à Veracruz, ils partagent la solitude de leur déracinement à travers des moments d’intimité inattendus.

Qu’un sang impur d'Abdel Raouf Dafri

Alors qu’il n’est plus que l’ombre du guerrier qu’il était en Indochine, le colonel Paul Andreas Breitner se voit contraint de traverser une Algérie en guerre, à la recherche de son ancien officier supérieur : le colonel Simon Delignières, porté disparu dans les Aurès Nemencha, une véritable poudrière aux mains des rebelles.

"Je suis entré dans le monde du cinéma avec pour principal objectif de parler un jour de la guerre d’Algérie." confie Abdel Raouf Dafri, dont les parent, immigrés algériens, ont débarqué à Marseille en 1963. La colonisation de ce pays et ce qui en a découlé en termes de tragédies humaines est un matériau duquel on peut extraire une multitude d’histoires passionnantes et fracassantes, tout en interrogeant à la fois la mémoire et la conscience des Algériens et des Français. De grands cinéastes américains comme Francis Ford Coppola, Michael Cimino et Oliver Stone - qui a fait la guerre du Vietnam pour de vrai - ont réalisé des chefs-d’œuvre sur le désastre que fut la guerre du Vietnam pour l’Amérique."

Le réseau Shelburn de Nicolas Guillou

Pendant la Seconde Guerre mondiale plus de 10.000 avions alliés tombent sur le sol français. De 1943 à 1944, le Réseau Shelburn est mis en place par les alliés et la Résistance Française pour évacuer les aviateurs vers l'Angleterre. Dans les Côtes du Nord à Plouha, Marie-Thérèse Le Calvez, résistante depuis les premiers jours de l'occupation, va mettre son courage au service de la liberté. 

Il y a une dizaine d'année, alors qu'il écrivait une pièce de théâtre se déroulant en 1944, Nicolas Guillou a rencontré trois résistante du réseau Shelburn. De cette rencontre est né l'idée de consacrer un film sur le réseau. "Je voulais rappeler la mémoire de ces personnes alors en plein désespoir, le courage de ces femmes et de ces hommes, leur héroïsme et leur humanité"

Scandale de Jay Roach

Inspiré de faits réels, Scandale nous plonge dans les coulisses d’une chaîne de télévision aussi puissante que controversée. Des premières étincelles à l’explosion médiatique, découvrez comment des femmes journalistes ont réussi à briser la loi du silence pour dénoncer l’inacceptable.

Si Megyn Kelly et Gretchen Carlson existe réellement, le personnage de Kayla Pospisil, interprétée par Margot Robbie est totalement inventé :"L’histoire de Kayla est celle que l’on entend le moins souvent, explique le acénariste Charles Randolph, celle de la femme qui cède à un harceleur, c’est à travers elle que l’on voit ce que cela signifie dans une vie. Je ne voulais pas faire porter ce fardeau à une vraie personne, j’en ai donc fait un personnage fictif". Cependant, ses scènes sont nourries d'authentiques témoignages sur le comportement de Roger Ailes, comme celle de l'entretien d'embauche.

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