Le retour à l'heure d'hiver c'est une heure de cinéma en plus. Suivez les conseils avisés de Laurent Delmas et Christine Masson

Les sorties de la semaine
Les sorties de la semaine © Getty

L’angle mort de Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic

Dominick Brassan a le pouvoir de se rendre invisible. Il ne s’en sert pas beaucoup. À quoi bon, d’ailleurs ? Il a fait de son pouvoir un secret vaguement honteux, qu’il dissimule même à sa fiancée, Viveka. Et puis vient un jour où le pouvoir se détraque et échappe à son contrôle en bouleversant sa vie, ses amitiés et ses amours.

Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic travaille depuis plus de vingt ans ensemble. Le duo a réalisé plusieurs téléfilm et deux longs métrages : Dancing et L'Autre. "Nous échangeons de manière ininterrompue, explique Pierre Trividic. L’élaboration ne fait qu’un avec ce dialogue. La ligne du scénario est la somme compensée de ces échanges. À la fin des fins, L’Angle mort a une route très droite. Une seule ligne conduit du début à la fin, sans rajouts".

Martin Eden de Pietro Marcello  

À Naples, au cours du 20ème siècle, le parcours initiatique de Martin Eden, un jeune marin prolétaire, individualiste dans une époque traversée par la montée des grands mouvements politiques. Alors qu’il conquiert l’amour et le monde d’une jeune et belle bourgeoise grâce à la philosophie, la littérature et la culture, il est rongé par le sentiment d’avoir trahi ses origines.  

Pietro Marcello signe une libre adaptation du roman de Jack London. "Un livre d’une grande pertinence politique, explique le réalisateur, qui révèle la capacité de Jack London à percevoir les nuances ternes de l’avenir, les perversions et les tourments du XXe siècle. Nous avons imaginé que notre Martin traverserait le vingtième siècle, une transposition onirique du vingtième siècle, dépourvue de coordonnées temporelles, ne se situant plus dans la Californie du roman mais dans un Naples qui pourrait être n’importe quelle ville portuaire (pas seulement) d’Italie."

L’acre parfum des immortelles de Jean-Pierre Thorn  

Au récit enflammé d’une passion amoureuse se mêle la folle espérance soulevée par Mai 68. 

Jean-Pierre Thorn remonte le fil de sa vie pour retrouver les figures rebelles qui ont peuplé ses films : des ouvriers en lutte des années 70 jusqu’à leurs enfants du mouvement hip-hop... et aujourd’hui les gilets jaunes d’un rond-point à Montabon. Ensemble, ils composent une fresque lumineuse qui prolonge et répond aux lettres de son amante trop vite fauchée par la mort. Ils montrent combien la rage de Mai est plus que jamais vivante : telle la braise qui couve sous la cendre.

Braquer Poitiers de Claude Schmitz  

Thomas et Francis braquent Wilfrid, propriétaire d’un ensemble de carwash. Contre toute attente, celui-ci se montre ravi de cette compagnie venant égayer sa vie solitaire, et les autorise à piquer dans la caisse. Bientôt, Hélène et Lucie, deux copines du Sud, les rejoignent pour profiter de l’été à Poitiers.  

Claude Schmitz n’avait pas d’idées préconçues sur l’histoire du film. Il a tourné chronologiquement, captant au jour le jour les relations entre ses comédiens. "L’objectif était d’atteindre un équilibre subtil et indistinct entre fiction et réalité, ce qui impliquait de rester attentif aux accidents et aux opportunités. En général, nous faisions une à trois prises maximum, afin de garder la spontanéité."

Les charbons ardents de Hélène Milano 

Que signifie devenir un homme aujourd'hui ? Ils ont entre 16 et 19 ans, grandissent en lycées professionnels et interrogent les normes et les codes de la virilité : la place sociale et le monde du travail qui les attend, les relations entre garçons, l'amour. Du social à l'intime on est immergé dans la construction du masculin, dans la "fabrique du garçon"

5 est le numero parfait d'Igort  

Peppino Lo Cicero, ex-tueur à gages de la Camorra est fier de son fils qui gravit les échelons du crime organisé. Mais quand celui-ci est froidement tué dans un guet-apens, il reprend du service accompagné de son ami Toto le boucher. Leur quête de vérité va déclencher une spirale de vengeances et de trahisons dans les clans mafieux du Naples des années 70.  

Igort a refusé plusieurs fois d'adapté lui-même son roman graphique. Il avait cependant accepter d'écrire un scénario pour Johnnie To et même de faire des rapérages à Naples : "Mais souvent, quand je parlais à un producteur ou à un metteur en scène intéressé, j’avais le sentiment qu’ils passaient à côté de choses importantes."

Hors normes d'Eric Toledano et Olivier Nakache  

Bruno et Malik vivent depuis 20 ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés "d'hyper complexes". Une alliance hors du commun pour des personnalités hors normes.

Sorry we missed you de Ken Loach  

Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Leur famille est soudée et les parents travaillent dur. Alors qu’Abby travaille avec dévouement pour des personnes âgées à domicile, Ricky enchaîne les jobs mal payés ; ils réalisent que jamais ils ne pourront devenir indépendants ni propriétaires de leur maison. C’est maintenant ou jamais ! Une réelle opportunité semble leur être offerte par la révolution numérique : Abby vend alors sa voiture pour que Ricky puisse acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte. Mais les dérives de ce nouveau monde moderne auront des répercussions majeures sur toute la famille…

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