Charlotte Escamez

LES MYSTÈRES DE PARIS, mise en scène William Mesguich et adaptée par Charlotte Escamez d'après Eugène Sue

avec :

  • Jacques Courtès
  • Zazie Delem
  • Romain Francisco
  • Marie Frémont
  • Sterenn Guirriec
  • Julie Laufenbuchler
  • William Mesguich

« Tout le monde dévore Les Mystères de Paris ; ceux qui ne savent pas lire se les font réciter par quelque portier érudit… Les êtres les plus étrangers à toute espèce de littérature connaissent la Goualeuse, le Chourineur, la Chouette, le Maître d’école – assassin à la force herculéenne qui s’est vitriolé le visage. Toute la France s’est occupée pendant plus d’un an des aventures du Prince Rodolphe », témoigne Théophile Gautier. Ce « feuilleton-roman » nous plonge dans les entrailles d’une ville où fourmillent ces « sauvages » qui tuent, puis « peuplent les prisons, les bagnes et dont le sang rougit les échafauds ». L’oeuvre enchaîne et enchevêtre des intrigues qui mènent à des délits châtiés par un héros noble et invulnérable : Rodolphe, « espion de la vertu », qui punit et récompense. Le feuilleton unit procédés romanesques et projets de réforme sociale : « malheurs immérités, vierges convoitées par des monstres, coups de surin, associations occultes, mariages secrets, enfants abandonnés, interrompent et complètent les propos utopiques qui devraient changer la société ». Adapter Les Mystères de Paris, c’est faire entendre la rue et ses rumeurs, le souffle des passions souffrantes, la voix du désarroi, l’immense champ sonore de la société populaire ; et puis « nous comptons un peu, avouait Eugène Sue, sur l’espèce de curiosité craintive qu’excitent quelquefois les spectacles terribles. » Au Théâtre de la Tempête - Cartoucherie jusqu'au 16 juinRoute du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris

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Les mystères de Paris Eugène Sueédition et préface Francis Lacassin préface Armand LanouxParu le 20 novembre 2012 Editeur R. Laffont, Paris Collection Bouquins

Oui, les Mystères de Paris relèvent du feuilleton, comme La Cousine Bette, comme Splendeurs et misères des courtisanes, chefs-d'œuvre de Balzac, comme tout Dumas et presque tout Sand ; et, comme Hugo dans Les Misérables, Sue donne à son feuilleton une extraordinaire dimension dans le noir. Le mélo est là, assurément. Et colossal, coupant le souffle avec la brutalité en noir et blanc de ses éclairages violents, avec ses héros campés sans ambiguïté dans la noblesse ou dans l'atroce ; avec surtout, puisqu'il s'agit de Paris et de ses mystères, un extraordinaire décor posant la cité moderne comme un personnage épique : ville-foule, ville-château bâtie sur un monde d'entrailles souterraines, caves-caveaux, égouts, couloirs ; ville-cancer qui attire et qui dévore, use, corrompt, ouvrant à la fois toutes les avenues du pouvoir et tous les chemins de la perdition.Le monumental triomphe de ce roman nous confond encore aujourd'hui. Tous les contemporains l'ont lu, dans toutes les classes de la société...

Jean-Louis Bory

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