Hergé a créé Tintin, mais Tintin a aussi fait Hergé. C'est ce qu'on lit dans cette biographie.

Retrouvez l'exposition "Hergé" au Grand Palais jusqu'au 15 janvier

C'est LA biographie de référence, elle ressort là, à l’occasion de l'exposition au Grand Palais. Des centaines de travaux consacrés à Hergé. Celui se distingue par sa précision, sa somme de travail, sa documentation, c'est la plus complète.

Une biographie signée Benoit Peeters ; son titre : Hergé fils de Tintin (Flammarion)un titre qui n'est pas juste une figure de style : tout le livre, tend à démontrer comment Tintin a aussi crée Hergé, à chacune des 500 pages.

►►► Benoît Peeters, invité de la matinale, avec Albert Algoud et Bruno Podalydès

Et quand je dis tout le livre, c'est 500 pages

Ce n'est pas un travail à la gloire de, même si on sent l'auteur fasciné. C'est plutôt une entreprise universitaire et journalistique.

Benoit Peeters a rencontré beaucoup de gens pour écrire cette biographie dont Germaine la première femme d'Hergé. Et elle a cette phrase absolument savoureuse elle dit : « c'était un gentil garçon très doué pour la réclame, il avait beaucoup de talent, mais il a eu aussi beaucoup de chances... alors n'en faites pas un michel ange non plus »...

voilà il est au grand palais il a vendu 230 millions d'albums au monde. C'est conséquent c'est sûr, mais Harry Potter, c'est quasi deux fois plus de livre vendus au monde.

Le Grand Palais consacre une rétrospective à Hergé
Le Grand Palais consacre une rétrospective à Hergé © Radio France / Anne Douhaire

Bien sûr, Hergé, reste une référence, le dessinateur à la fameuse ligne claire qui a fait école. Mais ce que dit aussi Benoit Peeters dans ce livre, c'est que tous les Tintin ne sont pas bons. Il raconte par exemple la naissance du personnage, les deux premières planches de Tintin au pays des Soviets publiées le 10 janvier 1929, le biographe écrit : « le reporter monte dans le train, émet quelques considérations aussi oiseuses que son chien parlant avant de bailler et de s'endormir. On ne pourrait pas imaginer début moins brillant pour une œuvre appelée à un tel destin »

Pour cet album, Hergé a eu l'idée d'un coup marketing absolument génial : annoncer dans le journal de publication, Le Petit Vingtième, le retour de Tintin, du pays des Soviets. Le train arrive à 16h08 en gare de Liège venez nombreux ! Et donc des lecteurs viennent, mais aussi des journalistes et pour l'occasion, il y a un faux tintin, un jeune garçon qui lui ressemble, il y a même un fox terrier comme Milou avec un vrai discours du faux Tintin qui explique comme il est content de rentrer au pays... Un coup comme ça, en 1929 même Séguéla n'y aurait pas pensé !

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Il y a aussi toute la vie d'Hergé. Georges Rémi de son vrai nom, GR pour les initiales, RG à l'envers. Le biographe évoque son éducation très catholique, le journal dans lequel Tintin paraît pour la première fois, Le Petit Vingtième est un journal catholique. Il raconte aussi son père Alexis, qui avait un frère jumeau. Ils étaient tout le temps habillés de la même façon. Évidemment là on pense à Dupond et Dupont... qui au début devaient s'appeler X33 et X33.

La vie d'Hergé c'est aussi une histoire de famille avec un grand-père qui n'est pas son grand-père, un abus sexuel de la part d'un oncle.

Dans l'exposition Hergé
Dans l'exposition Hergé © Radio France / Anne Douhaire/France Inter

Mais surtout Benoit Peeters raconte aussi un Hergé complètement dingue de travail, 12 heures par jour, peu de vacances pas de weekend, et évidemment son rôle pendant la guerre...

Beaucoup lui ont reproché son comportement pendant la guerre.

L’intérêt de cette biographie est d'être exhaustif. Elle ne tombe pas dans la facilité de peindre Hergé comme fasciste ou au contraire comme un naïf qui n'aurait pas compris les enjeux de cette époque là.

L'auteur évoque deux albums qui racontent bien l’ambiguïté d’Hergé.

Dans L'Etoile mystérieuse, on trouve un certain Blumstein, un nom sans équivoque, pour un livre sorti en 1942 c'est le banquier véreux. Voilà pour la thèse Hergé antisémite.

Et un même temps, il y a Le Sceptre d'Ottokar où un certain Musstler, contraction de Mussolini et Hitler, tente d'annexer le Syldavie. Une forme de dénonciation de l'Anschluss.

Difficile de se faire une idée très précise de ses positions du père de Tintin.

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A la fin de la guerre, il fait partie d'une liste noire mais toutes les charges retenues contre lui sont abandonnées.

S'ensuit pour Hergé une longue dépression. En 1949, son journal titre carrément Hergé a disparu. Il n'y arrive plus. C'est une longue traversée du désert mais pendant laquelle le mythe Tintin se construit. Les enfants qui l'avait lu dans les années 30 sont devenus des adultes. Qui le font lire à leurs propres enfants, qui le feront lire à leurs propres enfants. Ce sont finalement les lecteurs qui ont fait leur choix. Le premier album sorti en 1930, le dernier, dessiné par hergé en 1976, ça en fait des générations...

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