Elles ont séduit les plus grands. Dirigé le monde à leur façon. Intimes et politiques, audacieuses et puissantes, portrait de femmes que l'histoire, sexiste, a souvent mal jugées.

Mata Hari, portrait vers 1900
Mata Hari, portrait vers 1900 © Getty / Keystone-France

C'est un titre qui heurte et tant mieux ! « Les Salopes de L'histoire » L'auteur, Agnès Grossmann, est journaliste. Elle a signé de nombreux portraits notamment une biographie d’Annie Girardot. Elle part du constat que l'histoire est phallocrate, la vie sexuelle débridée de Louis 14 n'intéresse pas grand monde, en revanche dès qu'on parle de celle de Messaline, là tout de suite, se dressent... les oreilles. Dans son introduction Agnès Grossman écrit : « Les femmes qui osent afficher leur désir et leur plaisir font figure d’insolentes. » elle continue : « des salopes ? Non ! de vraies femmes, audacieuses et puissantes. »

Elles s'appellent Cléopâtre, la Reine Margot, Catherine II de Russie ou Mata Hari...

Elles sont nombreuses dans le livre, on peut en évoquer trois sur trois époques différentes...

d'abord il y a Messaline.

Ah Messaline !

Mariée à 14 ans, à Claude... qui en a 34 de plus qu'elle... L'histoire raconte qu'un jour elle aurait fait un drôle de concours, un défi lancé à la plus grande prostituée de Rome : à celle qui épuisera le plus d'hommes, à faire ce que vous pouvez imaginer évidemment, on ne parle pas de courses à pieds... et c'est Messaline qui gagne : 25 à 24.

Juvénal le poète satirique la surnomme « Augusta meretrix », la putain impériale.

Mais c'est aussi une femme de pouvoir. Impératrice à 16 ans, elle pèse sur les décisions de Claude son mari. C'est elle qui éloigne Sénèque, le plus proche conseiller de Claude, exilé. Elle le trouvait encombrant elle s'arrange pour l'écarter.

Toutes ont à leur manière influencé l'histoire.

L'exemple le plus frappant dans le livre, c'est Thérésia Tallien. C'est quand même elle qui a eu la tête de Robespierre ! Elle n'est pas encore la femme mais la maitresse de Jean Lambert Tallien. Lui doit faire marcher la guillotine sous la terreur. Mais sous l'influence de Thérésia, la guillotine tombe moins souvent. Elle s'empare de la liste des condamnés, et fait gracier tous ceux qu'elle connait. Et elle connait beaucoup de monde !

Robespierre s'en rend compte la met en prison, un procès doit suivre. A cette époque procès c'est souvent la mort.

De la prison, elle écrit à son amant Tallien cette phrase devenue célèbre « je meurs d'appartenir à un lâche ».

Sous entendu ma tête va tomber parce que tu n'as rien fait pour moi. Piqué au vif, et aussi parce qu'il est menacé par Robespierre, Tallien contre attaque. Il lance à Robespierre en pleine assemblée de la convention « à bas le tyran » et vous connaissez la suite : insurrection des opposants à Robespierre il s'enfuit, on lui tire dessus, il perd sa mâchoire, avant de perdre sa tête sur l’échafaud..

Ce tournant de l'histoire de France, on le doit à cette femme Thérésia qui après un autre mari, beaucoup d'amants et 11 enfants meurent tranquillement dans son lit à 61 ans, un bel âge pour l'époque.

Et l'exception qui confirme la règle ces femmes libres finissent souvent mal

Agnès Grossman raconte l'histoire de Mata Hari éxécutée par les français pour trahison, alors que quelques années auparavant, ces mêmes français fantasmer totalement sur cette femme et ses danses orientales et voluptueuses...

C'est une courtisane. Elle voulait la vie de château, elle s'est servi de ses charmes. Et elle l'a eu d'ailleurs. Un de ses amants lui a offert un château !

Elle a un faible pour les uniformes et beaucoup d'amants parmi les gradés.

Pendant la première guerre mondiale

les services secrets allemands l'engagent,

les services secrets français l'engagent,

En vérité elle n'a jamais transmis quoi que ce soit à aucun des deux camps, mais a quand même fini devant un peloton de 12 soldats. Dans un petit matin de 1917. Elle s'est habillée pour l'occasion : escarpins, manteau de fourrure, robe de couturier comme si c'était un spectacle. C'en était un d'ailleurs. Il y a avait beaucoup de monde pour assister à son exécution. Un journaliste présent sur place écrit : « elle est morte avec un courage jamais vu, en gardant le sourire sur ses lèvres, comme au temps où elle triomphait sur la scène. il est 6 h 15 du matin, l’heure du mata hari, qui veut dire « soleil levant » en javanais. »

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