paysage avec palmiers
paysage avec palmiers © Tristram / Tristram

Un livre court mais d'une puissance exceptionnelle.

"Paysage avec palmiers" de Bernard Wallet est un uppercut.

Bernard Wallet est éditeur et fondateur des éditions Verticales qui sont aujourd’hui au sein de Gallimard.

En 1976 il est à Beyrouth quand éclate la première guerre du Liban. Il y fera des séjours réguliers pendant les 15 ans que dure le conflit. En 84, Bernard Wallet publie "Flashes à Beyrouth" dans la revue L'infini et en 92 ces notes prennent la version actuelle et sont publiées chez Gallimard. Les éditeurs de Tristram font au début du livre quelques lignes d'introduction pour nous expliquer le parcours de ce livre dont Bernard Wallet dit :

"J’écris pour quitter Beyrouth, j'écris pour que Beyrouth me quitte ."

"Paysage avec palmiers" ce sont des phrases, de rapides descriptions de la violence et des combats au quotidien. Comme des polaroids. Dans la rue, dans chaque maison, du côté des combattants ou des civils et puis ce sont aussi les cauchemars qui s'en suivent et qui rappellent ces images sans fin. Bernard Wallet dit juste ce qu'il voit, ce qu'il ressent.

Il ne faut pas se le cacher, c'est souvent éprouvant à lire. Les images de morts, de blessés, d'enfants mutilés ou d'ados fiers de leur Kalachnikov sont une réalité sans masques, sans édulcorants. Il est indispensable de faire face. C'est certes prendre le risque qu'à notre tour ces images nous hantent et nous fassent violence. Mais cette guerre des années 70, elle est toujours là sur nos écrans, sur d'autres territoires et le pourquoi est le même. La réédition de "Paysage avec palmiers" chez Tristram a été mise en œuvre au moment où Paris était touché par les attentats au mois de novembre. Cela a été d'autant plus éprouvant pour les éditeurs.

"Paysages avec palmier" est un livre de poudre et de sang. En fait un livre d'humanité. Le seul livre à ce jour de Bernard Wallet. Mais il résonne longtemps en nous.

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