Direction l'Australie pour chasser un animal rusé et tueur. C'est La bête de Kenneth Cook aux éditions J'ai Lu.

Kenneth Cook nous a beaucoup fait rire dans ses précédents romans commeKoala tueur ou l'ivresse des Kangourous . Mais cette fois c'est le ressort de l'inquiétude et de l'angoisse qu'il fait jouer. Et il excelle tout autant.

Alan Treval travaille pour un organisme d'état, le département national de conservation, qui cherche le moyen de réguler le nombre d'animaux revenus à l'état sauvage. Et justement à Adalone, à l'Ouest de la Nouvelle Galles du Sud, les fermiers de la région sont confrontés à des hordes de cochons sauvages qui dévastent les cultures et tuent des vaches . Or un jour ils affrontent, c'est bien le mot, un sanglier d'une taille inhabituelle, aux canines acérées, aux yeux rouges et balafré d'une mèche blanche sur son pelage noir. Dès son arrivée avec son fils Mickael, Alan Treval, constate que cet animal est d'un gabarit, d'une intelligence et d'une cruauté au-delà du commun. La traque commence. L'homme et la bête se cherchent. La poussière, la chaleur, les moustiques et les fourmis, nous voilà plongés dans le quotidien difficile de ces fermiers rudes et du bush australien.

La Bête, de Kenneth Cook
La Bête, de Kenneth Cook ©

Mais au-delà de la traque, Kenneth Cook nous parle écologie ... même si les défenseurs des animaux ne vont guère apprécier l'abattage en nombre des cochons sauvages tout au long des premiers chapitres. En fait Cook nous explique en quoi l'intrusion d'espèces étrangères en Australie dévaste le pays et viendra un jour ou l'autre à bout des kangourous et autres marsupiaux locaux. Chats, chèvres ou lapins pullulent et ravagent les zones les moins peuplées les rendant désertiques.

Ce roman était prémonitoire. Kenneth Cook est mort en 1987 mais La bête est d'une actualité criante a l'heure où les fermiers australiens font face au bouleversement de la faune et la flore à cause justement de ces espèces importées. Mais c'est avant tout un formidable suspens avec des images qui ne vous quitteront pas et cet été peut-être regarderez-vous ces petits gorets si mignons avec un autre œil.

Et puis Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre, immense succès public, prix Goncourt 2013 est publié en poche. Ce roman nous raconte les difficultés de réinsertion des soldats de 14-18. Alfred et Édouard se sentent oubliés alors que l'on glorifie les morts. Alors justement grâce aux monuments en hommage à ceux qui sont tombés dans les tranchées ils vont monter une arnaque qui va bouleverser le pays. C'est une formidable fresque de l'après-guerre que nous sert ici Pierre Lemaitre avec un talent qui ne surprend pas les amateurs de ses romans policiers. Un roman traduit dans une trentaine de langues et qui n'a pas fini de faire d'heureux lecteurs.

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