Des contes ce matin. Ceux du Roi Vikram que nous racontent Nourjehan Viney chez Babel.

Nourjehan est une jeune femme d'origine indienne bercée par les légendes que lui racontait son père. En hommage elle nous transmet ce lien entre les cultures. Et c'est un plaisir. Tout commence avec la découverte par le roi Bojarajan d'un trône et de 32 statues de femmes, en or. Pour s'y installer il doit écouter le récit des aventures du Roi Vikram. Les noms indiens, un peu difficiles, sont pourtant chantants et nous entrainent dans un monde de magiciens, de Dieux vengeurs ou bénéfiques, d'animaux parlants. Les contes s'imbriquent pour former une morale : réfléchir avant d'agir et agir avec justesse et humanité que l'ont soit roi ou manant. Le style tout en légèreté de Nourjehan Viney emporte comme un tourbillon. Une réelle découverte qui donne envie de se plonger très vite dans la suite de ces contes indiens.

On parle beaucoup de filiation dans ces contes et se sont les rapports père-filles que dissèque Anne Berest dans "La fille de son père" chez Points. C'est un premier roman très réussit. Les phrases d'Anne Berest sont courtes et descriptives et installent immédiatement le lecteur dans cette famille ou les relations entre les 3 sœurs rousses, le père et la belle-mère sont très tendues. Au point qu'Irène, la fille ainée, s'imagine qu'elle n'est pas la fille de son père mais celle du premier amour de sa mére morte quand elles étaient petites. Sur fond de soirée de Noel apocalyptique elle entraine ses sœurs chez celui qu'elle veut pour père. Rebuffade pour elle mais.... Anne Brevest nous parle de secret de famille, de complicité maladroite entre sœurs, de distance infranchissable avec le père et de haine pour la nouvelle épouse. Pas de sentiments débordants ni de plaintes. C'est un roman diablement efficace sur la famille qu'on déteste mais qu'on s'empresse soi même de construire.

Autre introspection mais aux Etats-Unis avec « New-York, journal d'un cycle » de Catherine Cusset chez Folio.

Cycle comme vélo mais aussi comme le cycle féminin qui s'interrompt au moment de la grossesse. Car si Catherine Cusset nous emmène a travers les rues de la grosse pomme a bicyclette c'est pour en fait nous faire partager son angoisse de ne pouvoir avoir d'enfant. Les dangers, l'apprivoisement des autres pour partager la route, le besoin de rester calme, les coups de colère et la peur, tout ce qu'elle vit en tant que cycliste, Catherine Cusset le vit en parallèle dans son couple et sa vie de femme. C'est surprenant et très original comme approche y compris avec des photos de vélos abandonnés dans les rues. Catherine Cusset parle vrai. C'est une belle ballade dans New-York et dans la vie d'une femme.

La saison des prix est en marche dans les poches aussi.

Le prix des lecteurs des éditions Livre de poche a été décerné cette semaine à un roman dont nous avions parlé : « HHHH » de Laurent Binet, l'histoire de l'assassinat de Heydrich par 2 parachutistes tchèques. Pour les polars : « Le chuchoteur de Donato Carrisi » et le prix des libraires est allé a Katarina Hagena pour « Le gout des pépins de pommes ».

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