F : Ce matin, les enfants sont a l'honneur avec d'abord : "Une année chez les français " de Fouad Laoui chez Pocket.

Medhi a 10 ans et aime lire et apprendre. Son instituteur au bled à Beni Mellal lui a obtenu une bourse. Il arrive donc un matin de rentrée au lycée français Lyautey a Casablanca. Et ce petit bonhomme débarque sur une autre planète. Le français n'est pas celui qu'il parle mais l'arabe non plus. Les références, dictons, citations et expressions, le laisse pantois. C'est un choc des cultures : élèves, professeurs, pions sont bizarres pour Medhi et pour nous aussi : militaires refoulés, comédiens ratés, communistes qui signent les mots d'excuses Prudhon, ils sont tous sans patience pour les enfants. Alors dans ces années 70, le gamin face a ces énigmes imagine un Dieu vengeur ou des supers héros qui terrassent ces français. Et puis un jour son meilleur ami sera blond comme les blés et il passera ces week-ends dans une famille bien française. Il y touchera du doigt le racisme ordinaire. Mais surtout Medhi rappellera a tous, ce que l'on ressent lors d'un déracinement. Il y a juste ce qu'il faut de douleur comme ça en passant. C'est très drôle mais ça laisse un tout léger gout amer.

F ou P : Enfance aussi entre douleur et apprentissage avec "Le petit roi" de Mathieu Belezi au Livre de poche.

Oui Mathieu Belezi qui a écrit le superbe C'était notre terre. Cette fois il nous conduit non pas en Algérie mais en Provence. Dés le début c'est la douleur, celle de l'abandon de Mathieu, 12 ans. Il est confié a son grand-père, laissé là par sa mère, sans explications, dans une ferme isolée avec ce vieux bonhomme. Et Mathieu sera désormais en colère, en rébellion, plein de violences parce que plein de peines inexprimées malgré finalement la tendresse de son papé. En quelques mois sa vie va devenir celle d'un adulte en arrachant sa peau d'enfance bien avant qu'il n'y soit pret. Un seul mot : bouleversant.

F ou P : On reste un peu dans la mélancolie avec Martin Page qui nous parle de la Pluie chez J'ai Lu.

Un petit texte ou plutôt des réflexions sur la pluie. Martin Page les aime bien ces gouttes d'eau. La pluie ranime les odeurs de la nature, exhale les parfums, les nuances grises et les noirs gagnent en force et en subtilité, les reflets apparaissent. Elle gâche aussi les fêtes qu'a cela ne tienne, elle donne surtout la vie en permettant aux escargots et aux champignons de sortir. Vous ne regarderez plus une averse de la meme façon. A lire absolument avant les prochaines vacances humides pour mieux apprécier les longues journées pluvieuses.

F ou P : enfin pour finir un détour par les Cévennes avec " Pour planter des arbres au jardin des autres" de Gilbert Léautier chez Alcide.

Une petite maison d'édition implantée sur les lieux mêmes. Gilbert Léautier nous dessinent les portraits de ceux qu'il connait bien, des portraits écrits pour la radio qui ont pris vie pour France Culture entres autres. Alors il y a l'Alphonsine folle de douleur de la perte de son fils, l'Emile qui boit et que l'on envoie a l'hospice pour l'oublier mais du coup plus de courges ni de vigne, l'Yvonne et le Lucien c'est lui qui parle mais c'est elle qui lui est indispensable et puis Elie qui plante les arbres, des arbres qui poussent là où il les mets et qui parle aux animaux. C'est un livre d'humanité, un livre de cœur qui nous rappelle des gens que l'on a connu et parfois même en ville si on sait regarder autour de soi.

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