"Bel-air" de Lionel Salaun dans la collection Piccolo chez Liana Levi. Un quartier en demolition, les derniers jours d'un bistrot et au comptoir face a face Gerard et Franck. Gerard est le proprietaire du Bel air apres ses parents et ses grand-parents. Franck c'est celui qui raconte pour nous. Les années 50 lorsque tous se retrouvaient là a la sortie de l'ecole d'abord et puis ados et jeunes gens pour imaginer leur vie. C'etait le temps de l'amitié pure et dure. Mais elle n'a pas resisté au racisme ordinaire de Gerard alors que debutait la guerre d'Algerie. Et cela Franck, Jakubovic surnommé Jacky, fils oublié d'un polonais, ne l'a pas supporté. Et voilà, plus de 20 ans apres, qu'en ce jour ou le Bel air va fermer puis disparaitre sous les coups des buldozzers, Franck pousse la porte une fois encore. Pourquoi ?. Pour avoir des explications. Et surtout une. Gerard l'a-t-il trahit ?. En fait Franck a fait 15 ans de prison. Je ne vous dirais pas pourquoi bien evidemment. Mais la reponse ne sera pas celle qu'il attendait et pour tout dire nous non plus d'ailleurs. Ce roman de Lionel Salaun est presqu'un huis clos. Ce quartier de Bel-air dans une sous-prefecture anonyme a mis a l'ecart tous ces ouvriers, artisans, emigrés de ces années d'apres-guerre. Cela crée une appartenance qui enferme certains d'entre eux comme Gerard et Franck pris dans un destin sans espoir. Seul eclair l'amour. Et encore il accentue le clivage social.Ce roman a une atmosphere, une densité remarquable. Les années 50-60, la guerre d'Algerie, les nouveaux quartiers, les tables en formica crée une aura particuiére, plus que de la nostalgie. On se prend souvent a vouloir que Franck prenne son envol. Mais finalement, ses deux anciens amis, se sont perdus sans jamais s'eloigner. La poussiére qui envahit le quartier a sa demolition leur a collé a la peau bien avant. La fin nous laisse un peu saisit. Pour tout vous avouer j'ai lu les derniéres pages la gorge serrée.

Bel-air de Lionel Salaün
Bel-air de Lionel Salaün © Radio France
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