Grand prix du roman de l’Académie française 2014 : "Constellation" d'Adrien Bosc au Livre de poche

Constellation d'Adrien Bosc
Constellation d'Adrien Bosc © livre de poche

Le Constellation, c'était un bel avion imaginé et créé par Howard Hughes. La comète d'Air France. Une fierté. À son bord, ce 27 octobre 1949, le grand Marcel Cerdan partant à New-York reconquérir son titre de champion du monde face à La Motta. Quelques sièges plus loin, Ginette Neveu, violoniste prodige, star de l'époque, virtuose accompagnée de son Stradivarius. Et avec eux 35 passagers et 11 membres d'équipage dont, à l’époque, un radio et des mécaniciens. La traversée dure alors 16 heures avec une escale aux Açores. En descente vers l’île de Santa Maria, dans la nuit, en ce tout début du 28 octobre, d'un coup c'est le silence radio. L'avion a disparu. Adrien Bosc pour son premier roman réussit un coup de maître.  De cet événement dont on a surtout retenu la mort de Cerdan et certains seulement celle de Ginette Neveu , il fait une fresque, une mosaïque d'existences brisées. En courts chapitres il part à la découverte de ces 48 vies. Et Adrien Bosc croit à la destinée. Pour lui, il y a des liens, des coïncidences, des chemins qui ont mené les uns vers les autres. C'est touchant bien sûr : Cerdan, Neveu, cette jeune femme bobineuse chez DMC qui à New-York doit rencontrer sa marraine richissime, ces jeunes bergers basques partant vers un continent d'espoirs, cet Américain qui a créé le merchandising de Disney et qui est en bisbille avec le grand Walt a ce moment là, jusqu'à l'histoire de ce fameux violon de Ginette Neveu. L'écriture est directe, pas de pathos, pas de fioritures mais des fulgurances poétiques qui émeuvent. Impossible de ne pas entendre en fond la douloureuse chanson de Piaf pour son amant. Mais désormais on ne pensera plus seulement à Marcel en l’écoutant mais à tous ceux et celles qui ont péri ce matin là. Après cette lecture, ils font un peu partie de notre histoire.

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