Parlons polar ce matin et retrouvons un policier connu, François-Claudius Simon.

"Cantique de l'assassin" de Guillaume Prévost
"Cantique de l'assassin" de Guillaume Prévost © Getty / zodebala

Nous l'avions découvert avec La valse des gueules cassées. Simon rescapé des tranchées de 14-18 et qui se bat toujours contre ses cauchemars et sa mélancolie. Il faut dire que lors du dernier opus de la série il a laissé son grand amour Elsa à Moscou alors que Staline s'installe au pouvoir et surtout que la belle, très politisée, Elsa est enceinte de leur enfant.

Alors pour François-Claudius les nuits sont peuplées d'alcool et sont souvent blanches au bistrot du coin. Mais le devoir est toujours son meilleur allié et l'enquête à laquelle il se confronte n'est pas des plus banales. Un prêtre a été assassiné. Son corps est retrouvé dans une chapelle du Sacré Cœur. Son cœur arraché, une croix fichée dedans. Et ce n'est que le premier. Or, le nom de Simon figure sur le registre des priants que l'abbé devait recevoir.

Nous voilà entraînés dans une course au tueur haletante qui ira des anarchistes de la bande de Ravachol au trésor de l'abbé Saunière, à Rennes-le-Château, qui reste mystérieux depuis 1890. François -Claudius devra faire face à son passé, à son enfance à l'orphelinat, à sa mère qui a perdu la raison et à bien d'autres fantômes que nous connaissons nous aussi. La sérénité n'est pas encore au bout du chemin.

Comme chaque fois Guillaume Prévost installe son lecteur dans l'histoire avec facilité, avec une écriture serrée, juste et une atmosphère envoûtante, toujours un peu inquiétante. Et ce choix de l'après Grande Guerre entre douleur, deuils et envie de renaître est formidablement bien rendue. C'est à nouveau un plaisir que cette nouvelle aventure avec François-Claudius, héros de plus en plus attachant.

  • Autre conseil de lecture, Imaqa de Flemming Jensen dans la nouvelle collection de poche Kayak des éditions Gaia. 

Imaqa au Groenland cela veut dire "peut-être" parce que les réponses trop catégoriques n'ont pas leur place dans un pays aussi immense, composé d’îles ou le quotidien est des plus aléatoire. C'est une réédition avec une belle couverture à rabat bleu glacier. Et ce roman il faut absolument le découvrir avec à l'esprit, c'est capital, que pour les groenlandais, le Danemark est un colonisateur.

Justement Martin le héros est instituteur et danois et par esprit d'aventure il se fait muter sur l’île d'Umanac qui ressemble à un cœur. Il s'intègre entre étonnement, amitié et solidarité avec son épouse, la douce et brillante Naja. Sur l’île il y a aussi Jacob, ado qui revient de sa scolarité danoise et n'a plus de repères, Guert le chasseur et Olaf le chanteur d'opéra.

A la fin de ce bon gros roman, on comprend l'importance du papier toilette sur une île et surtout que bien des situations peuvent être sauvées, pour les groenlandais comme pour nous, par le rire. Roman indispensable.  

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