C'est le décor du roman d'Ernest Haycox, "Des clairons dans l'après-midi" chez Babel

Le Cow boy, le cheval, les montagnes de l'Ouest américain...
Le Cow boy, le cheval, les montagnes de l'Ouest américain... © Getty / Gareth Davies

C'est un incontournable, même si on aime pas les westerns. 1875, le général Custer est à la tête d’un des plus célèbre régiment et c’est déjà un héros. Mais très contesté. Il insupporte ou on le vénère : tête brulée, arrogant et sans compassion pour ses hommes. Haycox ne juge pas, il raconte. Il raconte surtout un trio amoureux. La jeune et jolie Josephine Russels qui vient rejoindre son père dans le Dakota. L'énigmatique Kern Shafter, qui va s'engager à nouveau dans l'armée. Gentleman, désabusé, distant mais attirant, sorte de Corto Maltese américain. Et le lieutenant Garnett, bel homme qui laisse sans scrupules derrière lui des vies brisées. Les deux hommes se vouent une haine farouche. Un secret. La première scène est fabuleuse : une gare, quelques maisons, 5 exactement, puis une étendue vide à perte de vue, et Josephine et Kern descendant du train. Vous y êtes et vous ne quittez plus le livre. Plus de 400 pages, de poussière, de blizzard, une bataille historique : Litlle big horn, des Sioux que vous ne pouvez pas ne pas connaitre : Crazy Horse, Sitting bull. Des hommes qui s'affrontent, des femmes de caractère qui doivent affronter l’inconnu, des colons qui veulent tout et des indiens qui défendent leur terre. C'est une épopée avec une saisissante tension dramatique, un tourbillon de passion humaine. Certains parlent de chef d'œuvre et pourquoi pas. Parmi eux, Bertrand Tavernier. Le cinéaste a découvert ce roman grâce au cinéma car « Des clairons dans l'après-midi » a été adapté mais ne rend pas grâce au roman. Et la postface de Tavernier fait partie du plaisir de lecture. Ce roman est incroyablement fort mais c’est toute l’œuvre d’Ernest Haycox qu’il faut redécouvrir.

►►► "Des clairons dans l'après-midi" chez Babel

Le voyage continue au Japon avec "Le ruban" d'Ito Ogawa chez Philippe Picquier

Sumire et Hibari sont au début du roman les deux héroïnes. Sumire, la grand-mère partage sa passion des oiseaux avec sa petite fille. Un jour elle installe dans son chignon un oisillon tombé du nid. C'est une jolie petite perruche. Elle sera leur lien indéfectible d'où son nom de ruban. Mais voilà c'est la vie, Ruban s'envole. Leur chagrin est immense mais l'oiseau va porter l'espoir à tant de gens. Le roman devient alors recueil de nouvelles à chaque rencontre : un jeune travesti malheureux, une jeune femme en deuil ou une illustratrice qui se sait condamnée. Dit ainsi cela parait bien triste mais ce roman est lumineux, porteur de sérénité, de poésie, teintée de fantaisie. C'est un moment de plénitude ce roman.

►►► "Le ruban" d'Ito Ogawa aux éditions Philippe Picquier

Remontons le temps avec la collection "Le temps retrouvé" au Mercure de France

C'est une très intéressante collection qui réédite des mémoires, des journaux, des correspondances ou des récits de voyage des siècles précédents. C'est toujours très instructifs et les couvertures sont très belles. Deux titres en ce début d'année : "Le journal de voyage en Égypte" de Victor Schoelcher en 1844 et Les mémoires du duc de Lauzun qui fut guillotiné en 1793. Tous les deux tout aussi passionnant.

►►► La collection "Le temps retrouvé" aux éditions Mercure de France

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