Nous célébrerons cette année la fin de la guerre 14-18. Pour ne jamais oublier l'enfer que fut ce conflit, puisqu'il n'y a plus de poilus, il y a les livres. Raphaël Jerusalmy fait revivre les tranchées à travers la guerre faite par Guillaume Apollinaire avec un titre qui reprend un de ces poèmes.

Première Guerre mondiale, vers 1914; carte postale de couleur à la main représentant des soldats de l'armée française
Première Guerre mondiale, vers 1914; carte postale de couleur à la main représentant des soldats de l'armée française © Getty / Universal History Archive/UIG

Le 17 mars 1916 le sous-lieutenant Gui de Kostrowitzky est blessé, il était en première ligne au lieu-dit Le bois des buttes dans l'Aisne au pied du Chemin des dames. Il venait de recevoir son acte de naturalisation. Un éclat d'obus va le frapper en pleine tempe.

Cet homme grand, fort, au regard doux, qui porte beau l'uniforme, c'est Guillaume Apollinaire que ces hommes appellent Cointreau-Whisky parce qu'il aime boire et qu'il a un nom pas bien français et imprononçable. Raphael Jerusalmy fait le pari réussi et touchant du décompte des heures précédant la blessure.

16 mars : nous rencontrons le père Ubu, Trouillebleu, Dontacte, Jojo la fanfare et Moncapitaine. Ils sont fort des halles à Marseille, notaire près de Lyon ; peu importe, ils ont laissés même leur prénom au vestiaire en revêtant l'uniforme. Et la fraternité dans ce boyau du courage leur tient lieu de famille.

Quand il a été touché, Apollinaire lisait "Le mercure de France". Et surtout dans les tranchées, le poète écrit, beaucoup. A sa femme, à ses amis Picasso et Cocteau mais aussi des articles pour des magazines. Et bien sur des poèmes. Au fond son engagement volontaire, que Pablo et Jean ne comprennent pas, lui donne à lui une force supplémentaire : celle d'écrire dans l'urgence, écrire comme si demain pouvait ne plus exister. Il y a le quotidien des tranchées, la boue, la peur, la mort, la camaraderie et puis une certaine solitude, celle du poète qui cherche dans les explosions, les odeurs, le silence, les hommes, les paysages dévastés ce qui fait le moment de grâce ou d'exception à traduire en mots.

Raphael Jerusalmy n'oublie pas l'autre côté du no man's land. C'est le sergent Günter qui récupérera le Mercure de France que lisait Apollinaire, projeté par le souffle de l'obus. Raphael Jerusalmy fait de ces pages maculées du sang du poète, le voile du destin.

  • Autre conseil, Les furies de Lauren Groff aux éditions Points.

C'est le romain préféré de Barack et Michelle Obama mais ce n'est pas la seule raison du succès de ce roman. C'est la qualité d'écriture de Lauren Groff qu'il faut vanter.

L'histoire est celle de Lotto et Mathilde, beaux, intelligents, très amoureux et qui se marient. Lui devient un dramaturge reconnu et adulé. Elle le soutient, dans l'ombre et lui est indispensable. Ils sont l'image même de la réussite sociale et conjugale.

Mais si tout se disait et quels secrets doivent surtout ne pas apparaître au grand jour. L'amour total et intègre n'est-il qu'une illusion ? Voyez-vous même la réponse dans ce roman d'amour d'une grande puissance. 

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