Le 8 mars, c'est le grand retour de Nana Mouskouri à la salle Pleyel. Et c'est le rêve d'un écrivain, celui de David Lelait-Helot publié chez Pocket.

NON SPÉCIFIÉ - CIRCA 1970 : Photo de Nana Mouskouri en 1970
NON SPÉCIFIÉ - CIRCA 1970 : Photo de Nana Mouskouri en 1970 © Getty / Michael Ochs Archives

Son surnom c'est Milou, il le déteste mais tout le monde l'appelle comme ça. Le monde, Milou s'y sent très vite étranger. Juste un peu à côté. Alors quand il dit ce qu'il veut faire plus tard, tous le regardent avec stupeur, incompréhension et même affliction. Pourtant cette envie, cet amour de la voix et de la personne de Nana Mouskouri est simple. La voix est pure et la personne intègre. Ce n'est pas une chanteuse c'est une ligne de vie. Parce que Milou a su très tôt qu'il lui faudra un point d'ancrage dans cette société. Dans la vie de ce petit garçon à la jolie petite bouille que l'on voit en photo sur la couverture il y a aussi la grand-mère si bien nommée Aimée. La confidente, celle qui met du baume au cœur. Seulement c'est bien connu les mémés ne sont pas éternelles, la douleur, elle, si. L'écriture de David Lelait-Helot est légère et pleine d'humour. Mais c'est pour donner des couleurs a une réalité bien plus sombre. Etre considéré comme diffèrent, prendre des coups au propre comme au figuré, endurer les rires, les regards en coin, les insultes. Mais se tenir droit quoi qu'il arrive. C'est cela que la voix, les textes et le look de nana Mouskouri vont permettre à l'ado puis à l'adulte. Sans donner de leçon, sans pathos, David Lelait-Helot nous parle du courage de devenir soi, de fidélité a ses valeurs et à ce que l'on est. Il transmet une force de vie incroyable dans cette biographie qui nous dit aussi combien il faut continuer à rêver quoi qu'il arrive. Absolument nécessaire.    

Autre conseil : "L'ancêtre" de Juan José Saer, aux éditions du Tripode.

Ce roman raconte comment en 1515 un jeune mousse passe 10 ans dans une tribu d'Indiens lors de la découverte de ce qui est aujourd'hui le Panama. 

Saer avec cette incroyable histoire basée sur des faits réels nous plonge dans les réflexions d'un homme dont la vie est à la frontière de deux mondes dont un complètement nouveau. La narrateur a 15 ans quand seul survivant du massacre de l'équipage d'un des bateaux d'une expédition, il est enlevé par les indiens. Il assiste, sans qu'aucune violence ne lui soit faite, au dépeçage de ses compatriotes et à la longue nuit de cannibalisme qui suit. Prisonnier sans barreaux, pendant 10 années il est comme invité au village. Puis un jour on le renvoi vers ces hommes blancs débarqués à nouveau sur le rivage qui vont méthodiquement décimer les indiens, femmes et enfants compris. Le retour au pays sera difficile. Il restera toujours un peu en retrait de cette vie qu'il reprend. A travers cette histoire, Juan José Saer interroge sur l'humanité, l'écologie et la vérité. Un récit d'aventure qui se révèle être un livre philosophique enrichissant.             

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.