Direction la Corée avec ce recueil de nouvelles paru aux éditions Piquier.

Portrait d'un garçon avec le drapeau de la Corée du Sud sur son visage
Portrait d'un garçon avec le drapeau de la Corée du Sud sur son visage © Getty / duncan1890

En 4 nouvelles Hwang Sok-Yong balaie les pages d'histoire de son pays déchiré. 

  • "Herbes folles" raconte le début de la guerre civile vu par un petit garçon, Sunam. Sa famille est installée au nord à Pyongyang. Le père est au chômage et la mère travaille dans un atelier de confection. Pour garder l'enfant elle engage une jeune fille : Taegeum. Avec elle, Sunam vit des moments de complicité formidables dans les terrains vagues autour des usines de la cité industrielle. Mais commencent les rixes entre ouvriers puis les hostilités gagnent toute la cité. Brusquement Taegeum disparait avec son fiancé. Puis c'est le premier bombardement. Un jour Sunam croise dans les ruines des usines une pauvre folle qui le reconnait pas, c'est Taegeum. L'enfance du petit garçon vient de s'enfuir à jamais. 
  • Dans "Oeil de biche" l'écrivain coréen aborde un épisode méconnu de notre part : le retour au pays d'un soldat engagé volontaire comme des tant d'autres dans l'armée américaine lors de la guerre du Vietnam. Désabusé il se rend compte qu'il n'est plus chez lui nulle part. 
  • Errer un moment aussi sans attache et sans espoir c'est ce qui arrive au jeune héros de la troisième nouvelle "Les ambitions d’un champion de ssireum" (la lutte traditionnelle coréenne). Parti pour la ville, il se laisse tenter par un producteur de films porno. Ce grand costaud va très vite comprendre que ce qui lui manque, c'est l'attention et l'admiration que lui valait dans son canton son talent de lutteur. 
  • _"La route de Sampo"_, qui donne le titre au recueil, nous fait faire la route avec deux vagabonds : l'un rentrant à Sampo chez lui, l'autre cherchant du travail. Ils feront un bout de route avec une jeune prostituée qui repart pour la ville. Sampo c'est l'ile natale de Jong, il y a 10 ans qu'il en est parti. Mais arrivés à la gare ils apprennent que l'île n'en est plus une et qu'un immense chantier hôtelier est en cours. Jong, brisé, restera à quai. 

Hwang Sok-yong dans les années 80 au moment de la dictature coréenne au sud était un dissident. Il a été arrêté à l'époque. Ces nouvelles sont pleines de nostalgie. Mais pas pour un temps donné, elles dénoncent en fait l'humain oublié, nié, broyé au nom du progrès ou de l'Etat. 

► "La route de Sampo", de Hwang Sok-yong, aux éditions Philippe Piquier

Le conseil en plus

Restons en Asie avec "Tokyo vice" de Jake Adelstein chez Points. Ou comment un américain est confronté aux Yakusas.

Jake Adelstein est le premier étranger à intégrer en 1993 la rédaction du grand quotidien japonais "Yomuri Shinbun" tirant à plus de 9 millions d'exemplaires. Travaillant au service police-justice il enquête pendant 10 ans sur la mafia japonaise, les fameux Yakusas. Menacé de mort, sa famille est rapatriée aux Etats-Unis. Lui reste au Japon mais protégé. Ce sont ces années incroyables qu'il raconte dans "Tokyo vice". Plus inquiétant que tous les films noirs que vous pouvez avoir vu. 

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