Un polar qui nous entraîne dans les arcanes de la police politique sous le général De Gaulle, juste avant mai 68.

 Ombres de deux hommes et d'une mallette
Ombres de deux hommes et d'une mallette © Getty / Julian Hibbard

Philippe Marlin est un bon flic, du genre à tout faire pour trouver le vrai coupable. Et ça, ça ne sera pas bon pour lui. Marlin est entré à la Crim' pour retrouver l'esprit du maquis : la camaraderie et la sensation qu'il n'y a plus de barrière entre des hommes qui encourent le même risque. Une équipe de flics c'est aussi un peu ça.

Mais voilà, il n'y a pas que des héros dans la police comme dans la politique. Nous somme en décembre 66. A la croisée de deux époques. Dans les bistrots le zinc disparaît au profit du formica. Le béton envahit Paris, les autoroutes prennent leur essor. Tout cela génère beaucoup d'argent, de pouvoir et bien sûr de magouilles. De plus nous sommes en pleine campagne électorale pour la présidentielle et les compromissions de la guerre pèsent encore. On pense tout de suite aux films des années 50. 

Avant l'aube est en roman en noir et blanc. On entend les voix de Bogart ou Gabin raconter les événements avec en fond Ella Fitzgerald ou Miles Davis. Marlin dont le nom fait beaucoup pensé à Marlow, bien sûr, ne supporte pas les à peu prés. Alors quand on découvre un cadavre de femme sur les voies de la petite ceinture, il va connaitre d'autres nuits blanches que celles qui le plongent dans les boites de jazz et le whisky.

Il y a plein de clins d'œil comme la présence furtive de Moers, l'homme de l'identité judiciaire, celui-là même qui travaille avec Maigret. Et Xavier Boissel a un talent époustouflant pour créer l'ambiance à travers la météo, les personnages mais aussi des citations dont on retrouve les références à la fin du livre. Il pleut, il fait froid, Paris est gris, Charlotte la jolie journaliste rousse aux yeux bleus réchauffe les nuits de Marlin et lui apporte son aide.

Le SAC, de triste mémoire, rode et agit, dans ses rangs des voyous, des anciens de la Gestapo qui font régner la peur pour asseoir le pouvoir du général de Gaulle et en toute impunité. Hommes politiques, chefs d'entreprise tous complices pour faire de l'argent. Les cadavres se multiplient et Marlin a mis son nez là où il ne fallait pas. On connait la fin dès le début mais quel super roman noir. Du bel ouvrage que l'on a hâte de retrouver dès qu'on le pose.

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