Quand le petit-fils, que l'on croit mort depuis plus de 40 ans à Nagasaki, frappe à votre porte, que ressent-on ?

Fleurs d'automne, en septembre à Nagasaki
Fleurs d'automne, en septembre à Nagasaki © Getty / Kumiko Goto

C'est ce que nous raconte Jackie Copleton dans son délicat roman "La voix des vagues" chez Pocket.

Amaterasu Takahashi est aujourd'hui une vieille dame de plus de 80 ans, veuve depuis deux ans. Dans sa maison où elle s'ennuie, le whisky l'aide à tenir un peu le long des jours et des nuits. Elle est seule désormais dans ce pays, l'Amérique, où son mari a choisi de continuer leurs vies après Nagasaki. 

Apres le 9 août 45, après la bombe, après la disparition de leur fille et de leur petit-fils, rester au Japon leur était impossible. Et l'Amérique, même si c'était l'agresseur, leur promettait qu'au moins là cela ne se reproduirait pas. Kenzo était un ingénieur réputé et c'est très bien adapté. Mais Ama, elle, n'a jamais pu. 

Et ce matin d'hiver quand Hideo Watanabé frappe à sa porte son premier réflexe est pourtant de refuser de le croire. L'homme, devant elle, en partie défiguré, brûlé, amène avec lui tout un passé et un présent de douleur, de remords, de secrets. 

Lui qu'ils ont tant cherché avant de quitter le Japon, il a été adopté par un couple qu'Ama connaissait bien : Jomei et Natsu Sato. C'est justement à cause de Jomei que bien des malheurs sont arrivés et qu'Ama et sa fille Yuko n'étaient plus si proche avant le drame. 

Alors comment accepter ?

Ama et Hideo vont s'apprivoiser. Mais le passé est-il soluble dans les retrouvailles? 

Quelle écriture que celle de Jackie Copleton ! C'est un premier roman d'une force incroyable et en même temps empreint d'une extrême douceur et d'une mélancolie lancinante. Le Japon d'avant la bombe, si traditionaliste et d'aujourd'hui, si moderne. L'Amérique des années 50 si triomphante, aujourd'hui si individualiste. Cet homme qui tend une main tremblante d'émotion a une grand-mère tremblante de doutes pour un pèlerinage, c'est magnifique.   

Autre proposition pour voyager, avec une collection au bien beau titre : "L'âme des peuples" aux éditions Nevicata.

Et pourquoi ne pas commencer par L'Angleterre. Dans ce petit opus, Serge Enderlin, journaliste, et Norman Davis, historien, entrent dans l'ame des anglais pour nous faire comprendre ce dont on parle beaucoup : le brexit et ses conséquences

Ils décortiquent la difficulté de vivre sur une île, d'exister face à un continent, de continuer à se réaliser économiquement et socialement après avoir été un Empire sur lequel le soleil ne se couchait pas. C'est passionnant et éclairant. Comme toute cette collection. 

Chaque livre attrape le pays par le cœur, par l'histoire, remets quelques pendules à l'heure pour que nous ayons toujours à l'esprit quand nous voyageons que même si la langue nous divise, nous allons a la rencontre avant tout d'humains comme nous. Une collection pertinente et indispensable pour aller à la découverte du monde.         

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