Pendant la seconde guerre mondiale, des enfants du Havre et de Saint-Nazaire ont été envoyés en Algérie pour les protéger des bombardements. C'est cet épisode méconnu que nous raconte, entre autre, Valerie Tong Cuong dans son roman.

Photo prise le 12 août 1944 à Alençon, d'une nonne qui manifeste sa joie avec les enfants de son orphelinat devant les troupes de la deuxième division blindée française qui traversent la zone en se dirigeant vers le front.
Photo prise le 12 août 1944 à Alençon, d'une nonne qui manifeste sa joie avec les enfants de son orphelinat devant les troupes de la deuxième division blindée française qui traversent la zone en se dirigeant vers le front. © AFP / AFP

C'est un roman à lire avec un mouchoir a portée de main. Pourtant Valérie Tuong Cuong nous fait pleurer sans misérabilisme.

Voici les années de guerre de deux sœurs : Emélie est mariée à Joffre un marin ; ils ont deux enfants, Jean et Lucie. Au moment où éclate la guerre, Joffre a quitté la mer pour devenir, avec sa femme, concierge d'école. Une fierté : pour eux, la connaissance c'est la vraie richesse.

Emélie est forte et l'a toujours été. Elle veille depuis l'enfance sur sa jeune sœur Muguette. Mariée à Louis, marin aussi, elle a aussi deux enfants : Joseph et Marline. Elle travaille comme vendeuse au Printemps du Havre. Pour Emélie la famille de sa sœur est vulnérable, pas assez à cheval sur la discipline des enfants et Muguette un peu trop fleur bleue.

On les rencontre avec les enfants lors du terrible épisode de l'exode. Sous une chaleur accablante elles prennent la route de Lisieux. Tout le monde fera demi-tour après la capitulation. Quelques semaines plus tard, on apprend que Louis est prisonnier dans un stalag en Allemagne. Joffre lui, est démobilisé. Il rentre chez lui, les dents serrés, la tête basse, honteux de cette défaite.

Rien n'est plus pareil dans son couple comme avec ses enfants. Et lorsque l'école est réquisitionnée par l'armée allemande, Emélie qui rêve de résistance, ne comprend pas l'attitude "servile" de son mari. Du côté de chez Muguette, aucune nouvelle de Louis et depuis sa mobilisation la petite Marline s'est enfermée dans le mutisme.

Puis c'est une nouvelle catastrophe, on décèle chez Muguette une tuberculose déjà avancée. Elle doit partir en sanatorium et Emélie apprend que les enfants peuvent être envoyés en Algérie dans des familles françaises.

Dans ce roman, chacun raconte sa guerre dans des chapitres courts qui s'entrecroisent y compris l'ami de toujours de Joffre, Thuriau. La peur, la colère, la résistance, la séparation, la maladie, les drames, l'espoir, on est bousculé, chamboulé. On vibre, on pleure, on soupire. C'est un tourbillon de sentiments. Et un énorme plaisir de lecture

  • Autre conseil, un retour sur les grands procès avec une nouvelle collection chez Points.

Trois petits livres pour commencer où l'avocat Emmanuel Pierrat racontent en les remettant dans leur contexte, des affaires et des procès criminels ou politiques ayant marqué l'Histoire. L'affaire Dreyfus et le "J'accuse" de Zola et l'affaire Papon. L'affaire Goldman en 68 et celle de Kravchenko. L'affaire Raddad et l'affaire Tropmann.

L'affaire Tropmann, moins connu mais qui a en 1869 passionnée l'opinion publique et tisser les liens entre presse populaire et faits divers. Le jour de l'exécution de cet assassin d'une famille de 7 personnes dont 5 enfants, Le Petit journal a tiré à 600 000 exemplaires. Une collection passionnante qui comptera en tout 9 volumes.

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