"Mister Bojangles" c'est une belle chanson interprétée par Nina Simone. Elle rythme ce magnifique roman d'amour (chez Folio).

Olivier Bourdeaut.
Olivier Bourdeaut. © AFP / Alain Jocard

Deux voix nous racontent cette histoire : celle de l'enfant et celle du père. Mais au centre de leurs vies il y a Louise, la mère, la femme, l'amante. Fantasque, imprévisible, elle fait du quotidien un feu d'artifice. Tout parait possible et elle entraîne dans ses envies, ses amusements, ses excès, les deux hommes de sa vie. Le monde entier tourne autour de la petite famille.

Le ton est léger, c'est la fête en permanence, on reçoit des amis, on valse sur Nina Simone, on boit des cocktails, du champagne. On change de prénom tous les jours. On enlève l'enfant de l'école : il apprend tellement plus auprès d'eux. Et puis pas de tracas, on n'ouvre même pas le courrier qui s'entasse dans un coin du salon. Dans ce tourbillon sont entraînés avec eux un sénateur surnommé "l'ordure" qui sera d'un grand secours et fera preuve d'une amitié et d'une tendresse sans faille. Et un oiseau, "Mademoiselle superfétatoire", une grue de Namibie, proche comme un animal de compagnie et ramenée d'Afrique dans des conditions exotiques. On achète un château en Espagne, autant pour le soleil que pour le symbole. Tout est excentricité et joie.

Mais peu à peu, un voile léger se pose. Il n'assombrit pas encore, il grise d'abord. Mais il se fera de plus en plus noir. Car les excès deviennent des anomalies, le comportement de la mère dévie peu à peu. Les rires finissent en larmes. La folie guette et finira par l'emporter. L'enfant ne sera dupe de rien. Il est le plus lucide, le plus adulte. Il adore ses parents et cette vie mais il sait dès son plus jeune âge que ce n'est pas la norme. Il affronte les drames avec courage, parce que le ciment de cette famille c'est l'amour, fort, fou, intègre. Un bel amour. Ce roman est plein de poésie, de charme, de rires, de d'humour, de désespoir. Il est court mais dès les premières pages, il vous tient par le cœur. L'écriture est subtile, fluide, elle vous mène doucement vers cette deuxième partie qui vous laisse mélancolique. Et pourtant c'est une grande bouffée d'air et de joie qui vous restera. Un coup de maître que ce premier roman d'Olivier Bourdeaut.

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