La belle histoire de la rencontre entre la jeune Xiao'e et Lena une vieille dame issue de la communauté juive de Mandchourie.

Jardin de roses en Chine
Jardin de roses en Chine © Getty / Luis Castaneda Inc.

Nous sommes dans le grand nord, face à la Russie, de l'autre côté du fleuve Amour, appelé ici Songari. A Harbin, il fait froid l'hiver, jusqu'à moins 30°. Harbin vous connaissez c'est là que chaque année se déroule le festival des immenses statues de glace. Mais si l'hiver est rude le printemps est beau et odorant avec ses Lilas. 

La jeune Xiao'e est venue de la campagne

Correctrice dans un journal, elle ne peut avoir son propre logement alors elle doit chercher une cohabitation. Mais elle n'a pas de chances. D'abord le premier propriétaire tente d'abuser d'elle puis la jeune fille sourde avec qui elle habitait se marie avec son petit ami. Et c'est là qu'intervient Weina, journaliste dans le même quotidien, elle a interviewé une vieille dame qui vit seule. Lena a 80 ans, elle est juive et sa famille a fui les persécutions après la Révolution d'octobre. Léna accepte d'accueillir Xiao'e.

Commence l'apprivoisement entre les deux femmes car elles sont vraiment très différentes. La vieille dame est élégante, joue du piano et prie toute la journée. Xiao'e est athée, peu raffinée et a eu une enfance difficile. Elle a toujours été rejetée par sa famille, elle est née du viol de sa mère. Mais dans leur solitude voulue ou non, elle se reconnaîtront. D'autant qu'elles vont avoir en commun un terrible secret. Lena et Xiao'e malgré les tensions des premiers temps vont être une famille pour chacune.

Ce roman va plus loin qu'une belle et simple histoire entre deux femmes. Chi Zijian raconte la société chinoise d'aujourd'hui. Le comportement des hommes, la misogynie, la violence conjugale, les préjugés, l'égoïsme, l'âpreté aux gains, les croyances archaïques, la pollution dans les grandes villes, la misère morale dans les campagnes. Bien sûr on sait cela à travers des documentaires ou des films. Mais dans Bonsoir, la rose Chi Zijian dit aussi son amour pour son pays, pour la beauté de ses paysages. Elle n'oublie jamais la poésie même dans la peine. C'est un très beau roman.

La Petite bibliothèque Payot publie et republie les textes de Stefan Zweig. Et dans la collection classique vient de sortir "Le monde sans sommeil".

Ce ne sont que quelques centaine de pages contenant 4 articles publiés dans un journal Viennois pendant 14-18 et quelques années plus tard. Zweig dès le début du conflit prend conscience de ce qu'il annonce : la mondialisation de la guerre, l'homme simple dépassé par ce conflit puis les combats terminés la mise en scène des lieux des batailles qui annonce le tourisme de guerre.

Et c'est toujours l'émotion, la sensibilité de cet homme qui nous touche, son amour de l'humain qu'il ne comprend plus. Il faut lire et relire Stefan Zweig.

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