Partons en Chine avec un roman partit de faits réels. La mort programmée des habitants d'un village perdu du Henan a cause d'une maladie qui les touche avant 40 ans.

Paysages du Guangxi Zhuang, en Chine
Paysages du Guangxi Zhuang, en Chine © Getty / Istvan Kadar Photography

Sima Lan, le chef du village des Trois Patronyme va mourir. 3 familles composent génération après générations l'ensemble du village, les Lan, les Du et les Sima. A cause de cette maladie, les familles restent isolées et se marient entre elles. Sima Lan, arrive donc a cet âge fatidique de 39 ans et il sait que la mort vient. Il est marié à Zhucui mais il a toujours délaissé sa femme et aime sincèrement Sishi.

Tout commence par un banal mal de gorge et quelques jours plus tard c'est la fin. Mais Sima Lan lui, veut vivre. Il cherche comment échapper à cette malédiction. Qu'est-ce qui provoque cette fatalité ? Comment arriver à vivre aussi longtemps que ceux des autres villages. La seule possibilité de tenter d'échapper à la mort c'est une opération mais qui coûte cher.

Alors les frères de Sima Lan vont "vendre" des morceaux de peau à l'hôpital des grands brûles et surtout Sima Lan demande a Sishi d'aller se prostituer a la grande ville. La prostitution, c'est surprenant, est de toute évidence pour les femmes l'un des seuls moyens de gagner de l'argent. Et  pour résoudre le problème de cette maladie de la gorge obstruée comme on l'appelle, Sima Lan a une obsession, prolonger le canal qui amènerait de l'eau propre et saine jusqu'au village.

Une fois opéré, c'est le grand chantier pour lequel il réquisitionne tous les hommes. Beaucoup vont y laisser la vie. Dans cette vallée des montagnes du Balou, la terre est âpre, l'existence ingrate. L'homme se confronte à la nature démesurée, violente, tendre, aux couleurs somptueuses.

Et l'écriture de Yan Liankè est à l'unisson, faite de force et de magnifique poésie, l'occasion de mettre en lumière la traduction magistrale de Brigitte Guilbaud. La vie du village se décline en 5 livres qui composent ce roman foisonnant de 620 pages a la typographie serrée, l'air, les odeurs, les saisons, la montagne, les passions, tout concoure pour un formidable dépaysement.

  • Autre conseil, des nouvelles du prix Nobel de littérature Mo Yan

C'est très surprenant et captivant. Six récits comme des rêves. Le clan en question a pour origine mythique une pouliche et une caractéristique : il mâche une sorte de chaume rouge qui a de formidable vertus.Mais le clan est bouleversé par les ravages d'une invasion de criquets.

Et l'imagination de Mo Yan prend le dessus mêlant morts et vivants, animaux et plantes : les truies parlent et marchent, le conteur vole, les enfants ont les pieds palmés.

On est entraînés dans un carnaval ou rien ne ressemble plus à ce qu'il devrait être. C'est souvent drôle et déstabilisant.

Le clan des chiqueurs de paille par Mo Yan aux éditions Points.

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