Les dernières entrevues en 1987 de Giovanni Tesio avec Primo Levi en vue d'une biographie autorisée. Mais la mort de l'auteur de "Si c'est un homme" a tout interrompu.

C'est très émouvant. Primo Levi y parle de son enfance, de ses parents, de sa vie. Dans ces romans Primo Levi se dévoilait parfois. Mais il gardait toujours une distance.

Dans ces discussions avec Tesio, il est en confiance et le temps était tout simplement venu. Primo Levi était un homme calme et l'on entend le débit tranquille de sa voix. Il se livre avec sincérité. Il dit l'amour des livres et de la connaissance que lui a légué son père. Un père pour le reste égoïste, enfantin, peu présent et peu affectueux.

Il raconte depuis l'école sa passion de la science et de la grammaire. Et évoque la complicité qui le lie à sa sœur. Enfin Primo Levi exprime ce qui fut sa plus grande douleur durant son adolescence : cette inhibition qui le rendra si malheureux et qui n'est levée que lorsqu'il rencontre sa femme apres son retour de camp.

Tout est passionnant : la montée du fascisme, son engouement pour la chimie, le gout du risque en montagne. Ce qui est curieux, c'est que ces discussions à bâtons rompus n'apportent pas de révélations proprement dites mais on est comme dans une bulle avec des amis. On se sent proche de Primo.

Giovanni Tesio a mis 30 ans avant de publier ce texte. Il s'en explique à la fin de l'ouvrage. Il avait peur de dénaturer ces rencontres. La famille Levi lui a donné son autorisation. Et c'est un beau moment.

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C'est une enquête qui se lit comme un roman. Durant les années de la prohibition, les clubs de jazz ont employés et donné leur chance aux plus grands comme Duke Ellington ou Louis Armstrong. Mais les propriétaires étaient les parrains des différentes mafias. Ils ont donc été de formidables mécènes que Morris n'hésite pas à comparer à ceux de la Renaissance.

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