"Long Island", publié chez Points, est un polar autant qu'une étude de société acérée.

Mills est un jeune garçon qui se débat dans la drogue. Un soir, Paul, architecte bien installé dans la vie, le trouve sur son palier, en manque et épuisé. Il le recueille, le sèvre comme il peut et pour l'éloigner des dealers l'emmène dans la maison familiale à la pointe de Long Island dans la petite ville d'Orient. Joli nom pour un endroit en pleine mutation. Ici jusqu'à il y a peu de temps, tout le monde se connaissait et vivait tranquille. Mais les riches New Yorkais et les artistes ont découvert ce coin idyllique. 

Pour Pam Muldoon c'est une catastrophe. Cette mère de famille, figure de la petite ville, tout étranger est un danger. Alors quand Paul installe Mills chez lui, l'inquiétude, la colère et même la peur s'installe. Et puis il y cette petite île au large ou un laboratoire mystérieux installé là par le gouvernement pratique de drôles d'expérience. Enfin quand on trouve le corps d'un des résident dans la baie puis qu'une famille est décimée par un incendie suspect la panique est totale et le coupable est tout trouvé. 

En fait, même Paul et Beth nés ici, mais qui sont partis vivre un temps un New-York, ne trouvent grâce aux yeux des vrais locaux, ils sont suspects, plus tout à fait chez eux. Pendant plus de 700 pages, Christopher Bollen nous tient en haleine. Dans cette charmante presqu'île à portée de Manhattan, personne ne semble être ce qu'il est paraît. On découvre forcément de bien vilains secrets, petits ou grands, des magouilles, des tromperies. 

Bollen gratte le vernis là où ça fait mal : les artistes sont désabusés, les écolos jusqu’au boutistes, les femmes hystériques, racistes ou confrontés au machisme ordinaire, les hommes lâchent, inexistants ou coureurs. Enfin 700 habitants sur un bout de terre c'est un huis clos étouffant où chacun peut tout à fait avoir de solides mobiles pour être un assassin. Bref à travers la traque et la fuite de Mills c'est à une étude de mœurs que Bollen nous convie. 

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