La couverture du livre est inquiétante, un autour aux yeux jaunes et aux serres acérées.

Ce n'est pas un roman. Dans "M pour Mabel" chez 10/18, Helen MacDonald signe un récit initiatique et autobiographique.

Attention "un autour n'est pas un vautour", ce n'est pas une faute de frappe. Le vautour est un charognard. L'autour attaque des proies bien vivantes et en mouvement. C'est un oiseau particulièrement rapide. Il est costaud, grand, fort et cruel. Et il a longtemps été l'oiseau des aristocrates pour la chasse au vol, avant le faucon plus facile à apprivoiser et qui n'a pas le caractère très indépendant de l'autour. 

On en sait des choses après cette lecture. Mais ne croyez pas qu'il s'agisse d'un traité sur la chasse ou les oiseaux. Ce livre est l'histoire d'une quête. Helen dès son plus jeune âge a voulu être fauconnière. Et c'est à la mort brutale de son père que ce désir s'impose, incontournable, vital. Son deuil elle va le vivre avec cet autour : une femelle appelée Mabel, jeune mais déjà réputée impossible à apprivoiser. Et pour avancer, elle s'appuie sur les expérience de ces pairs en fauconnerie, autant sur leurs réussites que sur leurs échecs et grâce aux livres qu'ils ont écrit et en particulier Terence Hansbury White. 

T.H. White n'est pas un inconnu, puisque c'est l'auteur de "La quête du roi Arthur" dont Walt Disney a adapté Merlin l'enchanteur. Lui en matière de fauconnerie était un amateur et avait eu presque tout faux. Mais justement, Helen apprendra beaucoup de ces erreurs. Il y a pas mal de violence dans cet apprentissage, parce que Mabel est féroce et impitoyable. Et Helen va se couper des hommes et s'enfoncer dans la solitude pour enfin "renaitre". Analyse, introspection, joies, déceptions, ce livre est totalement diffèrent. La puissance de cet oiseau, la force de la nature, la beauté des paysages anglais, le cheminement psychologique d'Helen MacDonald font un livre non identifiable qui agrippe, agace, passionne, désarçonne, bouscule mais du coup ne laisse pas indiffèrent. Et au bout du compte cette autobiographie exerce une certaine fascination comme le regard hypnotique de Mabel.

Le conseil suivant : les éditions Alexandrines avec Le Paris des écrivains proposent de suivre Blaise Cendrars dans les rues de la capitale.

Olivier Renault qui nous entraine dans les pas du poète. Frederic Sauser arrive de Neuchâtel en 1910. Il a déjà pas mal bourlingué mais son rêve c'est Paris. Là dans un hôtel pouilleux de la rue St Jacques au 216 va naître un autre homme, il jour il s'appellera Blaise Cendrars et sera l'un des plus grands poètes au monde à l'image de son idole un certain François Villon. Suivre Cendrars c'est arpenter Montparnasse, les bars, les cabarets. C'est fréquenter la bande à Bonnot, Modigliani, Chagall, Leger et Miller. C'est passer des quais, aux mansardes et aux salons aussi. Paris, Cendrars l'avait choisi, Soupault disait que cette ville il la révélait. Et nous grâce à Olivier Renault on la redécouvre à travers l'odyssée d'un écrivain. Un plaisir avec ce livre comme avec toute la collection.   

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