A la découverte d'une sacrée personnalité et d'un roman qui a eu un immense succés au Quebec.

Anaïs Barbeau-Lavalette
Anaïs Barbeau-Lavalette © Getty / Jeff Vespa

Cela se présente plutôt comme un roman mais c'est une histoire vraie. Anaïs Barbeau-Lavalette nous parle de sa grand-mère. Une femme qui au début de cette histoire n'est pas des plus sympathiques. Elle s'appelait Suzanne Meloche et avait abandonné ses enfants dont la mère de l'auteur. Son credo : suivre sa voie. Quant Anaïs la rencontre quelque temps avec sa mort, la vieille dame, sans être indigne, ne fait pas de réels efforts pour apprivoiser sa petite-fille.

C'est au moment où la famille vide l'appartement de Suzanne qu'Anaïs est intriguée. Dans la chambre, elle découvre des livres bouddhistes, des poèmes, des journaux gardés, des lettres et surtout cette photo de 1961, un autobus en feu dans l'Alabama, et aux cotés de jeunes noirs rescapés des flammes, une jeune femme qui lui ressemble. C'est Suzanne. Pourquoi, comment était-elle à ce moment-là aux Etats-Unis ?

Anaïs se dit que cette grand-mère jusqu’à présent détestée n’était peut-être pas celle qu'elle croyait.

Commence alors le récit. De courts chapitres qui nous raconte la vie hors du commun de Suzanne Barbeau. Et ce n'est pas une inconnue. Elle fut l'une des première à utiliser après-guerre l'écriture automatique. Elle épousera le peintre Marcel Barbeau et aura ses deux enfants. C'est d'abord la vie de bohème. Mais Suzanne s'ennuie. Elle veut vivre, être libre de penser, d'agir, de vivre intensément. elle quitte alors Montréal pour Londres puis New-York, abandonnant sa famille.

Par touches intimes, la petite fille dresse le portrait d'une femme exceptionnelle, libre et avant-gardiste. Anaïs s'interroge en même temps sur la création, la famille, la maternité. Ce livre a eu un succès retentissant au Québec, il devrait aussi marquer les lecteurs et lectrices de France.

►►► La femme qui fuit d'Anaïs Barbeau-Lavalette, au Livre de poche

D'autres conseils lecture

On célèbre ce mois-ci Jacques Prevert, qui nous a quitté il y a 40 ans. Folio réédite ce qui est toujours son recueil le plus célèbre, Paroles. Publié en 1946 il se vendra dans la semaine à plus de 5 000 exemplaires. Et il reste aujourd'hui un phare dans la production de Prévert. Un indispensable où l'on retrouve Le cancre, Paster Nostra, Le portait d'un oiseau, ou Rappelle-toi Barbara. Paroles est présenté en coffret avec un joli livret avec des collages du poète. Indispensable pour continuer à faire connaître cet artiste caméléon de génie.

Ces petits livres sont des puits de science sur des sujets aussi variés que les grandes villes, les hommes, les sentiments ou nos passions. Cette fois, c'est Le goût du blanc, de Fabienne Alice tout simplement passionnant. Explications du symbole qu'il représente, le bestiaire dans la littérature fantastique, Moby Dick, Pégase, la licorne. Enfin, le blanc dans l'histoire de la peinture. Et tout cela grâce à des écrivains, des peintres et des historiens. Cette collection est une découverte à chaque fois.

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