Un meurtre et une cavale au cœur du Kentucky, à la limite du sud profond, dans une Amérique de déshérités et de violence.

Cimetière en octobre
Cimetière en octobre © Getty / Zennie

Dans "Le verger de marbre" qu'Alex Taylor nous entraîne pour une traque saisissante. 

Beam est un jeune garçon de 19 ans, narcoleptique et qui a poussé en graine au bord de la rivière Gasping. La famille est installée là, entre collines boisées et falaises et le boulot du père, Clem, c'est de conduire le ferry qui joint les deux rives de la Gasping, tumultueuse et profonde. 

Un soir où Beam remplace son père, monte à bord un drôle de loustic, dépenaillé et sans le sou. L'homme, après avoir posé beaucoup de questions à Beam sur ses parents, tente de voler la caisse du ferry. Beam se défend mais frappe trop fort et lui fracasse le crane, le tuant net. 

Mais voilà, cet homme c'est Paul, le fils du caïd du coin, Loat Duncan, un assassin sans pitié, toujours accompagné d'une grosse brute et de 6 doberman aussi féroces que lui. Seule possibilité pour Beam, prendre la fuite. Or, il n'a jamais quitté la maison et va de problèmes en problèmes. D'autant que lui tout le monde ou presque le connait. 

Et il fait de drôles de rencontres : Pete le vieil homme solitaire, Daryll le souteneur de ces dames et tenancier de bordel qui a une sacrée dent contre son père, Elvis le sheriff, tous abîmés par des vies misérables et difficiles. Et puis il y a Derna la mère de Beam, ancienne prostituée et ancienne petite amie de Loat. 

Et il y a les secrets que beaucoup connaissent dont le lecteur mais pas Beam. Il va lui manquer quelques points de repaires qui vont mettre à mal cette cavale éperdue, qui se termine de façon tout à fait inattendue. 

"Le verger de marbre" est bien un polar formidablement addictif, mais Alex Taylor a un autre atout dans sa manche : l'amour de ce Kentucky qu'il décrit avec poésie. Un contraste qui donne un gout particulier à ce roman de très haute tenue.

Il y a 30 ans disparaissait Pierre Desproges. Les éditions Points lui rendent hommage avec une collection complète et un inédit.

Cet inédit, ce sont deux des réquisitoires de la mythique émission de Claude Villers "Les flagrants délires". 

L'un fait le 14 septembre 1982 face à Daniel Cohn-Bendit qui mêle nostalgie et férocité et l'autre, extrêmement attendu à l'époque, celui fait le 28 septembre de la même année face à Jean-Marie Le Pen. Le rire est grinçant bien sûr mais surtout Pierre Desproges pose une question toujours d'actualité : peut-on rire de tout et avec tout le monde. 

La rhétorique et l'écriture affutée et brillante de Desproges est incroyablement actuelle. Points sort aussi un très beau portrait de l'humoriste. Marie-Ange Guillaume, à travers des témoignages, des photographies et des citations, nous rend un Pierre Desproges attachant, joyeux, lucide et courageux.   

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