La saison des prix littéraires commence la semaine prochaine. En 2015 Didier Castino était un des lauréats, avec le prix du premier roman, pour "Apres le silence".

Ce roman (collection Piccolo chez Liana Levi) est une plongée dans l'âme et dans la vie d'un homme que l'on pourrait croire ordinaire. Louis Catella est ouvrier fondeur aux aciéries du Midi. Ça commence comme un monologue. Louis parle à son fils. Sa jeunesse où l’école ne sert qu'a attendre le moment d'entrer à l'usine. Car dans ce monde des humbles, le présent comme l'avenir, c'est le travail et le travail c'est l'usine. Louis passera plus de 40 ans aux fonderies. Il verra se lever mai 68, l'espoir du changement et de l’avènement du prolétariat car Louis est aussi syndicaliste. Pour tous il sait être un camarade, un mari, un père. Louis n'est pas très sur d’être si bien que ça. Il se dit qu'il est bien usé et qu'il ne voit pas grandir les enfants. Et puis en 74 Louis meurt dans un accident à l'usine. Et son fils reprend le récit. Il n'a que 7 ans quand Louis disparaît. Il va mettre bien longtemps avant d'accepter d’écrire décédé dans la case du nom du père. Et encore plus longtemps pour se dire que Louis ne le regarde pas vivre et ne le juge pas. Ce roman est incroyable. On entend la voix de Louis, on l’écoute, puis celle du fils. L'écriture est dense, profonde, belle, elle la voit moduler, on la suit, comme envoûte. Elle se fait âpre ou tendre. C'est un roman plein d'une tendresse bourrue qui passe a travers les mots. Le roman de la douleur de vivre, de l'absence, de l'amour sans esbroufe, de la vie qui continue coûte que coûte. Émouvant. Tout simplement émouvant.

Et sinon, à lire...

C'est le 8 novembre. C'est proche. Et je vous propose d'entrer dans le saint des saints, a Washington avec " Les secrets de la Maison Blanche". Nicole Bacharan que nous connaissons bien sur France-Inter et Dominique Simonnet ont puisé dans les sources récemment déclassifiées. Ils ont décortiqué les notes des présidents, les archives des services de renseignements et même les conversations enregistrées clandestinement. C'est souvent encore plus fort que certains thriller. C'est parfois stupéfiant et toute façon éclairant.

Un livre pour les ados mais pas que.

Le Livre de poche publie le premier tome de "Miss Pérégrine et les enfants particuliers" de Ransom Riggs. En écho bien sur au film de Tim Burton qui vient de sortir. Et c'est totalement complémentaire. Se replonger dans les aventures de Jacob Portam est magique. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'a travers cette histoire d'enfants avec des pouvoirs fantastiques l'auteur parle du nazisme, de la persécution des juifs, de l'enfermement, de la différence et de la mort. C'est aujourd'hui un classique, et même pour les grands, c'est à lire.

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