Salim Bachi rend un hommage mérité à ce héros méconnu, Aristides de Sousa Mendes.

Lors de la cérémonie d'hommage à Aristides de Sousa Mendes en 2001
Lors de la cérémonie d'hommage à Aristides de Sousa Mendes en 2001 © AFP / MICHEL GANGNE

Il était, en 1940, consul du Portugal à Bordeaux. Humaniste et courageux, il va sauver des milliers de gens dont une grande majorité de juifs. On estime qu'entre 30 000 et 50 000 réfugiés d’Europe de l'est et du nord ainsi que de France ont bénéficié d'un visa signé de sa main. Ils entraient au Portugal et de là prenaient le large vers le Canada ou les États-Unis. Ce sont sans doute 10 000 juifs qui ont ainsi eu la vie sauve. Mais voilà, le dictateur Salazar avait émis la circulaire 14 dès novembre 1939, interdisant les visas pour les apatrides comme pour les juifs déchus de leur nationalité par les nazis et tous ceux fuyant un pays occupé par les allemands. Salazar donnait ainsi des gages aux nazis. Mais pour De Sousa Mendes c'était insupportable de voir ces files de gens désespérés devant le consulat à Bordeaux. Et il va le payer très cher. Il va être mis à la retraite, déchu de ses droits, exilé dans son propre pays. Il en mourra et Salazar, à la sortie de la guerre, revendiquera pour lui toutes ces vies sauvées. Salim Bachi ne raconte pas, il donne la parole à De Sousa Mendes à la veille de sa mort dans un couvent. Sa double vie, ses 14 enfants avec sa femme et sa fille avec sa maitresse, sa foi, ses désespoirs et son courage, c'est une confession avec parfois un certain lyrisme. Mais c'est la vie d'un juste qui nous est racontée ici. Et c'est un roman très fort.

►►► "Le consul" de Salim Bachi, aux éditions Folio

Chez Folio toujours, la collection des livres à 2 euros

Régulièrement, ces petits livres nous donnent la quintessence de certaines œuvres. Les extraits sont choisis avec grand soin. Comme par exemple "Les méfaits du tabac" d'Anton Tchékhov qui regroupent de courtes pièces de théâtre en un acte dans lesquelles les personnages luttent contre la solitude et le désenchantement. Un ton très tchékhovien avec en prime des annotations d'Elsa Triolet. Conrad, Kafka et Jules Barbey d'Aurevilly sont dans les textes présentés ici. Et puis il y a "Journées de lecture" de Marcel Proust. Des extraits de "Pastiches et mélanges" moins connu bien sûr que la Recherche et écrit avant. Et quoi de mieux que de parler lecture alors que nous attendons vos lettres pour être jury au prix du livre Inter présidé cette année par Élisabeth Badinter.

Enfin vient de sortir chez Point,"Sable mouvant" , le livre ultime d'Henning Mankell, disparu il y a 2 ans

Ce n'est pas un roman bien sûr. Mankell écrit ce livre en forme de testament après avoir appris qu'il était atteint d’un cancer incurable. Il y livre sa bataille contre la maladie mais pas seulement. il nous parle comme à des amis de sa vie, de ses convictions, ses passions. Il se livre comme jamais. Aucune morbidité. Mais c'est vrai qu'en fermant le livre le lecteur a un pincement au cœur.

►►► "Sable mouvant" d'Henning Mankell aux éditions Points

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