Publié au Livre de Poche, ce roman raconte l'histoire de Virginia et Leonard Woolf.

Il y a 100 ans, ils fondaient la maison d’Edition Hogarth press. Ils seront les premiers a éditer entres autres des ouvrages de psychanalyse, et deviendront un couple mythique. Carole d'Yvoire nous raconte leurs vies dans Je te dois tout le bonheur de ma vie.

Il y a une énorme charge de tendresse dans ce livre. Carole d'Yvoire s'est attachée à ces personnages, et c'est naturellement que nous nous y attachons aussi. Virginia et Leonard étaient faits pour se retrouver. Ils ont été élevés dans le quartier de Kensington et dans des milieux aisés. Tous deux sont issus d'une nombreuse fratrie. 10 enfants du côté des Woolf, et 7 du côté de la famille recomposée de Virginia. 

Mais surtout ils vont connaitre une adolescence douloureuse où la mort ne cesse de planer. Virginia verra disparaître sa mère, sa sœur, son père et son frère tant aimé. Des morts qui provoquent chez elle des crises de dépression profonde, qui la font flirter avec la folie. Leonard voit lui mourir son père, la famille doit alors déménager et changer de train de vie. Leonard voit son salut dans les études. Il entrera dans le saint des saints : Cambridge. 

Là qu'il rencontrera l'un des frères de Virginia, le beau et brillant Thoby, et les bases du groupe de Bloomsbury seront plantées. Mais Leonard échoue aux examens et lui, le casanier, part pour Ceylan dans l'administration coloniale où il développera et aiguisera son esprit politique. Au retour, il demandera la main de Virginia. On connait la suite... ou du moins la légende a écrit la suite. 

Carole d'Yvoire nous raconte les deux premières années difficiles du mariage. Les médecins déconseillent à Virginia d'avoir des enfants, c'est alors la maison d’édition qui sera la consécration de leur union : la Hogarth press. Photos inédites, extraits de lettres, on suit avec émotion  le parcours de chacun, et ce moment de la vie culturelle et intellectuelle londonienne qui marquera un tournant dans la littérature. Outre le fait que le livre est beau, il est publié avec une nouvelle de Virginia et une nouvelle inédite de Leonard. Avec ce livre, Carole d'Yvoire remet en lumière Virginia Woolf et la brillante société de Bloomsbury, que le monde littéraire a malheureusement un peu oublié.  

Autres conseils : de très beaux livres de poche dans la collection bibliothèque des classiques.

Cette collection née en 2011 publient cet automne huit nouveautés qui continuent à rassembler les chefs d'œuvre de la littérature française ou étrangère. Parmi les titres de novembre : Docteur Jekyll et Mister Hyde de Stevenson ou Jacques le Fataliste de Diderot. Ce sont de ravissants livres à l'ancienne : jaquette illustrée, couverture rouge, reliure, dorure sur tranche et marque-page rouge. Et je vous cite l'exergue de cette collection signée Roland Barthes : "La littérature ne permet pas de marcher mais elle permet de respirer".  

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