Jack London est entré cette année dans la prestigieuse collection de la Pléiade chez Gallimard.

Collection La Pléiade
Collection La Pléiade © Maxppp / Christophe Morin

"Martin Éden" de Jack London

Il faut battre en brèche cette idée reçue que London est un auteur pour adolescents. C'est bien sûr Croc-Blanc qui lui a donné cette image mais très souvent enfant on le lit dans une version expurgée. Ici avec Martin Éden on est dans un roman d'initiation. Un formidable roman. Certes on est plus loin de la nature mais on est dans la nature humaine de plein pied.

Martin Éden est un jeune marin de 20 ans déjà bien expérimenté qui a beaucoup bourlingué.

Pour avoir aidé Arthur lors d'une bagarre sur un ferry, il est invité un soir chez ce garçon, jeune bourgeois qui lui présente sa famille dont sa sœur, la très jolie et cultivée Ruth. Pour Martin c'est une révélation : un monde de raffinement et de savoir. Martin n'a jamais été un rustre, il a toujours été sensible à la beauté et aime lire. Il s'est toujours senti différent de son milieu. Alors en quittant cette maison bourgeoise, malgré ses maladresses, il n'a qu'une envie : c'est se rapprocher de Ruth et surtout d'apprendre. Et c'est ce qu'il va faire : se cultiver, sortir de sa carapace. Aidé en cela par l'amour et la transformation de Ruth qui ouvre son cœur à cet homme si éloigné de sa condition mais dont la force l'emporte malgré elle. Martin Éden devient un auteur à succès. Nous assistons à la douleur du changement, de l'abandon des siens mais aussi à la force de la conviction. Mais voilà : que laisse-t-on derrière soi quand on a bouleversé sa vie ? Et un auteur, que sacrifie-t-il quand le succès est là ? Il y a du Balzac dans Jack London, un Balzac entraîné par la puissance d'un pionnier américain. Indispensable à lire ou à découvrir.

On ne quitte pas les classiques américains avec les collectors de chez 10/18

C'est une des couvertures de fêtes que je préfère. "Dalva" de Jim Harrison. Un attrape-rêves or et argent sur un fond bleu nervuré. Et là aussi le bouillonnement de la vie, du renouveau et la puissance des racines du peuple Sioux. Superbe bien sûr. À lire en hommage à Harrison qui nous a quitté cette année. Et puis toujours chez 10/18 le Murakami de Noël, "L'étrange bibliothèque", qui cette année fait un peu peur. Papier glacé et illustrations sombres et effrayantes de Kat Menschik pour ce petit garçon qui se perd dans les livres d'une étrange bibliothèque municipale.

Chez Points on voit les fêtes en 3D

Avec un polar devenu un classique "Mort d'une héroïne rouge" de Xiaolong Qiu. C'est la première enquête de l'inspecteur Chen. La couverture est superbe avec nénuphars et carpes koï. Un polar qui s'est vendu à plus de deux millions d'exemplaires. Et puis Points publie aussi en habit de fête le très beau Goncourt 2014 "Pas pleurer" de Lydie Salvayre avec un arbre en dentelle de papier au centre d'une élégante couverture noire.

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