Dans les Alpes, la station d'Aillon-le-Jeune 1000 se bat pour conserver ses remontées mécaniques. Certains hivers, la neige manque cruellement en raison du réchauffement climatique.

La station Aillons-Margeriaz 1000 veut sauver ses remontées mécaniques
La station Aillons-Margeriaz 1000 veut sauver ses remontées mécaniques © Radio France / Sandy Dauphin

Située à trois-quarts d'heure en voiture de Chambéry, la petite station d'Aillon-le-Jeune 1000 possède deux télésièges et cinq téléskis.  Mais ce domaine skiable situé à 1000 mètres d'altitude est déficitaire, confronté à une diminution de l'enneigement. L'été 2017, la métropole Chambéry préconisait de démonter les remontées mécaniques.

Depuis, le village se bat. "Il ne faut pas voir uniquement la ligne comptable", plaide le maire Philippe Trepier, "Il faut prendre en compte toutes les retombées économiques pour la vallée". La fermeture des téléskis signerait l'arrêt de mort de la station, explique l'édile : "une catastrophe économique pour tout le village".

Le réchauffement climatique : un défi pour le tourisme en moyenne montagne

Surtout quand toute l'économie locale tourne autour du ski, les restaurants, les commerces... Philippe Ginolin est éleveur de vaches laitières : "On enlève les remontées mécaniques, on enlève entre 50 et 60% des touristes l'hiver". Et il s'inquiète car sa ferme fait partie du circuit touristique, il vend ses produits typiques de la région comme la tome des Bauges. "Il y a 50 ans les sports d'hiver ont sauvé le village de la désertification" ajoute Serge Tichkiewitch, membre de l'association des Amis du val d'Aillon.

Vous supprimez les activités locales et les jeunes vont partir, vous savez comme moi que lorsqu'on commence à fermer une école, on ferme ensuite la Poste, et puis on ferme tout le reste et c'est un village qui se meurt.

Des canons à neige pour sauver la station ? 

Les dernières années, la commune a beaucoup investi pour réduire sa dépendance au ski : construction d'un piscine, d'un centre équestre, des sentiers de randonnées balisés. L'été, les remontées mécaniques servent pour les tyroliennes et les descentes en VTT. Mais le village mise aussi sur la neige artificielle. "Le réchauffement climatique, on ne peut pas le nier", concède Serge Tichkiewitch. "Mais il y a des solutions techniques. Aujourd'hui on peut faire de la neige de culture à partir du moment où l'on a de l'eau, ce qui est le cas ici. Cela permettrait d'assurer l'enneigement du bas de la station à partir de Noël pour avoir une activité ski jusqu'à Pâques ".

Mais pour l'association de protection de la montagne et de l'environnement, Mountain Wilderness, investir dans des canons à neige c'est une bataille perdue d'avance contre le réchauffement climatique. Dans les Alpes, la température moyenne a grimpé deux fois plus vite qu'en plaine, +2°C depuis l'ère préindustrielle, il y a un peu plus d'un siècle. "Les canons à neiges, on n'était pas contre quand c'était juste du dépannage, un petit coup sur une piste" estime le président de l'association Fredi Meignan. "Mais maintenant on en met partout y compris  quand on peut pas s'en servir parce qu'il fait trop chaud et que les canons à neige ne peuvent pas produire de la neige."

On est typiquement dans une aberration. On sait que le ski en moyenne montagne peut encore survivre, mais qu'il n'a pas d'avenir, tout le monde le reconnait. C'est pas comme ça qu'on va développer le tourisme en montagne, un tourisme lié à la nature.

Des arguments qui ont du mal à passer à Aillon-le-Jeune. Le maire a monté un projet de développement qui comprend le sauvetage de ses remontées mécaniques. Il demande des subventions aux collectivités territoriales, notamment à Chambéry Métropole. Le village devrait être fixé à la rentrée 2018.

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