Depuis 2011, l'Office national des forêts organise une migration assistée d'arbres menacés par le réchauffement climatique. Des milliers de hêtres originaires du sud de la France sont plantés plus au nord, dans la forêt de Verdun. Un cure de jouvence pour ce monument végétal de la première guerre mondiale.

Vestige de la Première guerre mondiale dans la forêt de Verdun
Vestige de la Première guerre mondiale dans la forêt de Verdun © Radio France / Sandy Dauphin

Des bosses et des cratères, un siècle après la Grande guerre, le sol de la forêt de Verdun  porte encore les stigmates des combats.   Avant la 1ère guerre mondiale ces grands pins n'existaient pas.  La forêt de Verdun a été plantée un peu comme un linceul vert pour recouvrir le champs de bataille. Cent plus tard, ces résineux vieillissent.  "le défi pour les forestiers explique Damien Galland directeur de l'Office national des forêts de Verdun (ONF) "c'est d'assurer le renouvellement de la forêt tout en s'appuyant sur de nouvelles essences mieux adaptées aux conditions climatiques qu'on va connaître à l'avenir".  C'est l'objectif du projet Giono lancé par l'ONF en 2011.

Dans une clairière, des petits hêtres poussent alignés.  Ce sont des déplacés climatiques. Ces feuillus sont originaires de la forêt de Sainte-Baume près de Marseille. Dans leur aire d'origine ils sont menacés par le réchauffement climatique, les conditions sont beaucoup plus sèches et chaudes que dans la forêt de Verdun. "On a récolté les graines de 20 arbres on les a élevées et on est venu les implanter ici à Verdun"  explique Brigitte Musch responsable du conservatoire génétique des arbres forestiers au département recherche et développement de l’ONF.

La forêt de Verdun devient ainsi une bibliothèque vivante pour conserver le patrimoine génétique de ces arbres du sud. Mais les jeunes pousses doivent également aider la forêt centenaire à se régénérer. A la génération suivante, lorsque les hêtres de Marseille vont fleurir, ils vont se croiser avec ceux de Verdun. "Ce que l'on souhaite poursuite Brigitte Musch c'est qu'ils échangent leur patrimoine génétique afin que la population de Verdun acquiert des résistances à la sécheresse, des combinaisons de gènes mieux adaptées aux nouvelles conditions climatiques".

Aujourd'hui 13.000 petits hêtres venus de Provence, des Alpes du Sud ou de Chizé (dans les Deux-Sèvres)  ont trouvé un refuge climatique dans la forêt de Verdun et vont aider ce monumental végétal de la première guerre mondiale à s'adapter au 21ème siècle. 

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