Depuis 3 ans, les délais d'attente pour un rendez-vous chez l'opthalmo n'arrêtent pas de se réduire. C'est grâce au travail aidé: de plus en plus, la profession se fait assister par des orthoptistes.

Plus de 50% des ophtalmos se font désormais aider par des orthoptistes.
Plus de 50% des ophtalmos se font désormais aider par des orthoptistes. © Getty

Durant la première décennie des années 2000, la situation n'avait pas cessé d'empiré... Elle a atteint son paroxysme en 2014, avec une moyenne de 4 mois d'attente ! Mais depuis 2017, les choses s'améliorent et ces délais d'attente pour un rendez-vous chez l'opthalmo n'arrêtent pas de se réduire... Il faut désormais attendre un peu moins de 2 mois. Et celà, grâce au travail aidé qui a grandement amélioré la situation: les ophtalmos peuvent voir plus de monde parce qu'ils se font assister désormais par des orthoptistes !

Retour sur l'année 2020, d'abord: comme on peut s'en douter, elle a été très compliquée. Pendant le confinement, en effet, l'activité des ophtalmos a brutalement chuté de 80%. Après coup, au mois de juin, la profession a vu revenir dans ses cabinets des patients qui n'avaient pas reçu leurs injections pour la DMLA. Des patients qui n'ont pas consulté non plus pour un décollement de rétine, ce qui a évidemment aggravé les choses. C'étaient les mauvaises surprises du déconfinement.

Par la suite, au mois de juin, les rendez-vous ont repris en vitesse de croisière, sans embouteillages particuliers car les patients ne se sont pas précipités. Les plus âgés notamment, ne sont pas revenus tout de suite. Ne sont revenus d'abord que les cas les plus graves. Le SNOF, le Syndicat National des Ophtalmologistes de France, qui s'attendait à une situation post confinement très tendue, a laissé passer l'été... Il a attendu septembre pour réaliser un sondage  et voir où en étaient les délais et la très bonne nouvelle, c'est que malgré le contexte un peu particulier les delais de rendez vous continuent de se réduire.

Ils étaient de 4 mois en 2014... 3 mois en 2017... ils sont désormais d'un peu moins de 2 mois...

Grâce a qui ?

Grâce au travail aidé...

De plus en plus en effet, les ophtalmos delèguent les tâches et se font assister par des orthoptistes, c'est une profession paramédicale qui nécessite 3 ans de formation, et dont les compétences ont été élargies en 2016. En cabinet, les orthoptistes, qui sont des specialistes des troubles visuels font désormais une partie du travail: c'est un gain de temps pour les opthalmos dont plus de la moitié travaille désormais avec un orthoptiste, salarié ou libéral: c'est 2 fois plus qu'il y a 5 ans: "L'orthoptiste accueille le patient, fait l'interrogatoire, remplit le dossier, procède à l'examen visuel,  il prend la tension oculaire, fait la photo du fond de l'oeil si besoin. C'est un gain de temps précieux pour l'ophtalmologiste qui complète, qui prescrit, et qui peut éventuellement demander un examen complémentaire. Mais grosso modo, _quand il voyait 4 patients par heure il y a quinze ans, il peut en voir aujourd'hui 7 à 8 dans l'heure_" explique le docteur Thierry Bour, le président du SNOF.

Deux mois d'attente, c'est mieux mais ça reste malgré tout encore très long. Pour Thierry Bour,  les choses vont encore s'améliorer: on peut encore gagner, dit-il, un mois d'ici 2/3 ans, voire plus. Plusieurs raisons a celà: d'abord, la démographie de la profession devrait s'etoffer dans les années qui viennent (on attend plus 5% d'ophtalmos en 2023). Ensuite, la télémédecine devrait se développer et faciliter les examens à distance et certains renouvellements simples. Enfin le recours aux orthoptistes va se poursuivre: 85% des jeunes ophtalmos feraient en effet dès le départ le choix de cette collaboration.