Ces implants contraceptifs font l'objet de plaintes récurrentes depuis plusieurs années. Ils ne sont plus commercialisés aujourd'hui, mais des dizaines de milliers de femmes en France les portent encore et s'en inquiètent. La création d'un registre des effets indésirables vient d'ailleurs d'être annoncé.

en France, plus de 200.000 femmes se sont fait poser des implants Essure dans les trompes entre 2002 et 2017
en France, plus de 200.000 femmes se sont fait poser des implants Essure dans les trompes entre 2002 et 2017 © Getty

Ces implants, on en a posé en France plus de 200 000 depuis 2002. Alors, on ne les pose plus depuis 2017, mais beaucoup de femmes les portent encore. Ce sont en fait des mini-ressorts, des stents métalliques qu'on implante chez la femme dans les trompes, et qui sont censés lui assurer une contraception permanente et irréversible. C'est une alternative à la ligature des trompes pour des femmes de 35 à 45 ans qui ne veulent plus avoir d'enfants et qui ne veulent ni pilule, ni stérilet. La ligature nécessite une hospitalisation, la pose de ces implants se faisait en ambulatoire, cela a séduit pas mal de femmes actives.

Sauf que depuis 2016, des centaines d'entre elles ont rapporté d'importants effets secondaires : des douleurs, des saignements, une grande fatigue. Pour 20 000 d'entre elles, la solution a été de se faire retirer ces implants, une opération difficile car les implants peuvent s'être fracturés, ou même avoir migré dans l'utérus.

Dans la plupart des cas, le retrait des implants améliore l'état des patientes, mais quel est le lien de cause à effet et qu'est-ce qui crée les problèmes avec cet implant ? Des travaux rendus publics au mois de décembre semblent confirmer que les soudures en étain de ces implants pourraient être la source des effets indésirables.

Parallèlement aux plaintes déposées par des centaines de patientes contre l'industriel Bayer, un comité de suivi a été mis en place au mois de décembre pour justement mener des études complémentaires. Dans ce cadre d'ailleurs, un registre des effets indésirable va être créé dans les prochains mois pour enregistrer les signalement des patientes. Elles sont nombreuses qui portent encore ces implants.

Entretien avec Emilie Gillier, présidente l'association Resist qui représente les patientes.

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