Faut il un dépistage organisé du cancer du poumon pour les gros fumeurs ? Cette question, qui fait débat depuis des années en France, va revenir fin janvier, à l'occasion du congres de pneumologie de langue française.

En 2016, la Haute Autorité de Santé n'a pas jugé pertinent le dépistage organisé du cancer du poumon.
En 2016, la Haute Autorité de Santé n'a pas jugé pertinent le dépistage organisé du cancer du poumon. © Getty

Faut il un dépistage organisé du cancer du poumon pour les gros fumeurs ? 

Cette question, c'est un peu l'Arlésienne depuis quelques années, mais elle va revenir fin janvier, à l'occasion du Congres de Pneumologie de Langue Française qui réunit les meilleurs specialistes. Une étude y sera présentée, qui montre, s'il en était encore besoin, la pertinence d'un tel depistage.

Avec près de 50.000 nouveaux cas chaque année en France, le cancer du poumon est l'un des plus fréquents. Et si on a fait beaucoup de progres ces dernieres années dans la prise en charge, il reste la première cause de décès par cancer avec plus de 30.000 morts chaque année.

On le sait, le tabac est de loin le premier facteur de risque,  il est responsable de 8 cancers du poumon sur 10. Des cancers la plupart du temps détectés tard, a un stade avancé, voire métastatique.

D'ou cette idée, de bon sens, à priori, de dépister régulierement les gros fumeurs...

Idée maintes fois défendue, sur la base d'études qui en démontraient l'efficacité... 

Une étude américaine a ainsi associé un tel dépistage a une réduction de la mortalité par cancer du poumon de 20%... 

En 2016, la haute autorité de santé a été saisie sur la question, et elle a tranché: pour elle ce dépistage n'est pas pertinent: pas assez de preuves d'efficacité, on risque aussi de découvrir ce qu'on appelle des faux positifs... 

Lors de ce congres de pneumologie fin janvier, une étude faite par un collegue d'Abeville dans la somme, va pourtant remettre le sujet sur le tapis. Elle établit une fois de plus l'efficacité de ce dépistage. En dépistant, on dépiste des cancers très localisés et opérables. Et un stade localisé, c'est un meilleur pronostic: Plus on détecte tôt des cancers de petite taille non métastasés, plus on a de chances de guérir.

Pour un stade précoce,  les chances de survie à 5 ans dépassent les 80%

Pour un stade métastatique, elles restent aujourd'hui inférieures, ces chances à 10%... 

Le dépistage serait préconisé pour les 55-74 ans, fumeurs actifs ou qui ont arreté depuis moins de 15 ans et qui ont tourné a un paquet par jours pendant 30 ans.