"Nous sommes ce que nous mangeons" : l'adage est encore plus vrai avec cette publication d'une équipe de chercheurs français dans la revue "Nature Communication" la semaine dernière.

Bientôt des bactéries pour lutter contre la dépression ? Bactéries Lactobacillus bulgaricus, illustration
Bientôt des bactéries pour lutter contre la dépression ? Bactéries Lactobacillus bulgaricus, illustration © Getty / SCIENCE ARTWORK/SCIENCE PHOTO LIBRARY

Ces chercheurs viennent de montrer chez la souris que l'absence d'un certain type de bactéries dans les intestins était associée à l'état dépressif. La bonne nouvelle, c'est qu'en redonnant ces bactéries à la souris, elle retrouve la joie de vivre. Ce qui ouvre un champ évidemment révolutionnaire pour traiter la dépression !

Ca fait une quinzaine d'années maintenant qu'on sait que l'intestin et le cerveau ont des connexions très étroites ! C'est un domaine d'étude évidemment passionnant pour les chercheurs de l'Institut Pasteur, de l'Inserm, et du CNRS qui avaient déjà publié au mois de mars une étude sur le lien entre la dépression et le déséquilibre du microbiote. Ils avaient montré qu'un microbiote appauvri peut conduire à un déficit de fabrication de la sérotonine, qui conditionne notre joie de vivre.

Dans cette publication, ces mêmes chercheurs ont identifié des bactéries qui faisaient défaut chez la souris déprimée. Il s'agit des lactobaccilus ; et quand on en manque, on ne fabrique plus assez d'endocannabinoïdes qui régulent notre humeur et notre bien-être.

Une souris à qui on transfère un microbiote appauvri de ces bactéries devient dépressive : elle perd le goût de manger, de jouer, de survivre... Elle se noie si on la met dans l'eau, quand celle qui est en forme se met à nager par exemple.

Bonne nouvelle, si on redonne les bonnes bactéries à la souris, elle retrouve son entrain. Ce qui ouvre évidemment une piste incroyable en terme de traitement de la dépression.

Entretien avec Pierre-Marie Lledo, responsable de l'unité Perception et mémoire à l'Institut Pasteur et co-auteur de l'étude.

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