Nous sommes le 21 mars, c'est le début du printemps et pour beaucoup d'entre nous, c'est le début du nez qui chatouille, des yeux qui piquent voire de la respiration qui siffle. Les allergies font leur retour, mais en souffrir n'est pas forcément une fatalité.

30% de la population serait atteinte d'allergies de toutes sortes et cette proportion augmente d'années en années
30% de la population serait atteinte d'allergies de toutes sortes et cette proportion augmente d'années en années © Getty

Ce n'est pas une fatalité car les symptômes peuvent être adoucis voire estompés en s'y préparant à l'avance !

Pour être tout à fait exact, le printemps est la saison la plus difficile, pour un allergique, mais pour certains, les allergies démarrent en fait bien plus tôt qu'au mois de mars, car tout n'arrive pas avec le printemps. Le printemps, c'est le moment des graminées, mais pour les arbres, certaines allergies démarrent dès le mois de janvier comme nous l'explique le Professeur Frédéric de Blay, il est pneumologue, et préside la Fédération Française d'Allergologie : "Au nord de la Loire, il y a les allergies au pollen de bouleau, qui rendent malades en avril, mais vous avez aussi des allergies croisées entre pollen de bouleau et pollen de noisetier qui lui pollinise dès janvier/février. C'est pour ça que certains ressentent des symptômes dès la fin janvier, le début du mois de février. En février, il y a aussi un arbre qui s'appelle l'aulne, et qui donne aussi des symptômes. _Au Sud de la France, ça va être plutôt des allergies au cyprès_, et ça a démarré déjà, ça commence à gêner des gens." 

Finalement, donc, quand vous être allergique à des arbres, et qu'en plus vous ne supportez pas les graminées qui arrivent un peu plus tard, vous êtes facilement gêné de janvier à juillet, donc plus de 6 mois dans l'année.

Et le problème des allergiques, c'est qu'ils attendent souvent justement d'avoir les yeux qui piquent pour se faire soigner. On va vite à la pharmacie ou chez le généraliste pour un traitement symptomatique de l'inflammation et bien souvent, on s'arrête là. Un allergique met en moyenne 7 à 10 ans à souffrir tous les ans à la même époque avant d'aller consulter pour de bon un allergologue pour un traitement de fond.

Le traitement de fond, c'est quoi ? 

Ça se prend, d'abord, avant la saison ! Il faut prendre des antihistaminiques, c'est-à-dire des anti-allergiques quelques semaines avant l'arrivée des pollens par exemple, des corticoïdes pour le nez aussi, en cas de rhinite. Normalement, ce traitement préventif va préparer le terrain et limiter l'inflammation quand l'allergie arrivera. On peut aussi, si ça ne suffit pas à nous faire passer la période sans trop de difficultés, se faire désensibiliser sur plusieurs mois... d'octobre à avril par exemple. C'est un traitement plus lourd, mais relativement efficace : "Pour les pollens de bouleau, on va se désensibiliser d'octobre à avril, pour les graminées on va le faire de janvier à juillet. Ça se fait tous les jours, en sublingual ou en comprimés, et maintenant on a de grosses études qui le disent, ça fait 30 à 40% mieux que les traitements symptomatiques. Mais c'est mieux de faire la désensibilisation sur 2/3 ans. Pas de miracles, mais ça donne un mieux quand même", explique encore le Pr de Blay.

Ne pas traiter son allergie, c'est évidemment passer des moments difficiles, c'est aussi risquer que les allergies s'aggravent et durent plus longtemps chaque année.

À noter que le masque qui nous est devenu familier depuis quelques mois est notre ami face aux allergies, car il nous protège de tout ce qui flotte et qu'on respire. On estime que 20 millions de Français souffrent d'allergies de toutes sortes. C'est 30% de la population.