Serons-nous en France les derniers des Mohicans ? Alors que le cannabis médical est déjà autorisé dans une quarantaine de pays, dont une vingtaine en Europe, la France tarde à lancer l'expérimentation censée mettre sur les rails cette nouvelle façon de se soigner. Un retard qui pénalise d'abord les patients.

3 000 patients devraient être inclus dans l'expérimentation française
3 000 patients devraient être inclus dans l'expérimentation française © Radio France / Veronique Julia

Cela fait des mois que ça dure

L'expérimentation a été approuvée et votée l'année dernière. Elle était annoncée pour juin, puis septembre, on parle maintenant du mois de janvier, et encore... dans le meilleur des cas.

Alors ça traîne sans doute a cause du covid qui relègue un peu tout le reste au second plan.

Ca traîne aussi parce qu'on parle de cannabis et qu'il y a toujours dans le fond la peur en l'autorisant d'ouvrir une porte vers sa légalisation.

Toujours est-il que faute d'expérimentation, ce sont les patients qui trinquent, les 3000 patients qui devaient entrer dans l'expérimentation, mais aussi les centaines de milliers d'autres que le cannabis pourrait soulager. Ils seraient jusqu'à un million.

Épileptiques, malades du cancer, patients de souffrant de douleurs neuropathiques, de sclérose en plaques... Certains n'ont pas attendu et se fournissent déjà tant bien que mal.

Pascal Douek est lui-même patient et auteur de Cannabis médical, une nouvelle chance publié aux éditions solar.

Systeme D pour un bénéfice pourtant clair

Car si on manque d'études cliniques tres solides, le retour des patients est sans appel. Les douleurs diminuent, et dans l'épilepsie sévère des enfants par exemple, celle qui résiste aux traitements, les résultats impressionnent.

En attendant que l'expérimentation démarre, il va falloir former aussi les médecins, qui n'ont jamais abordé le cannabis dans leur formation initiale. Ca va venir : un diplôme universitaire doit être créé en janvier prochain avec Paris Sud et Montpellier.