Alors qu’on redoute une deuxième vague, la première vague des infections Covid, celle du printemps dernier, n’est toujours pas terminée pour certains patients qui souffrent de formes persistantes.

Les formes persistantes de la Covid-19.
Les formes persistantes de la Covid-19. © Getty / Damircudic

Les réseaux sociaux foisonnent de ces témoignages de patients plutôt jeunes qui ont eu une infection légère à modérée et qui endurent encore, cinq mois plus tard, une immense fatigue, des douleurs thoraciques, des courbatures, des palpitations ou même des problèmes neurologiques comme des fourmillements dans les doigts. Alors, les symptômes vont et viennent avec des jours avec et des jours sans. 

Elisa, par exemple : elle a 24 ans. Elle est tombée malade fin mars à Mulhouse, une grosse grippe à l'époque, dont elle n'a toujours pas récupéré depuis cinq mois. Impossible de retravailler :

Il y a des jours où ouvrir un volet, par exemple, c'est compliqué. 

"Le matin, quand je me lève, j'ai l'impression de m'être fait rouler dessus par un camion pendant la nuit. C'est très déstabilisant aussi moralement, parce qu'il y a déjà une incompréhension, même de nos proches. Il y a ce sentiment d'abandon. Du coup, j'ai un suivi avec une thérapeute depuis juin". 

Combien sont ces malades dans le cas d'Elisa ?

Les médecins ne savent pas vraiment le chiffrer, ils reconnaissent d'ailleurs leur impuissance. Pour le professeur Dominique Salmon-Céron, en tout cas, on ne peut pas réduire la question à un simple phénomène psychosomatique. 

Infectiologue aux Hôpitaux de Paris, elle lance d'ailleurs ce mois ci une étude clinique. Objectif : étudier le profil de 1.000 patients adultes souffrant de symptômes qui se prolongent au-delà de deux mois, pour bien établir de quoi ils souffrent et tenter de comprendre pourquoi. Alors elle a déjà des hypothèses, ça pourrait être : 

  • génétique, 
  • immunitaire, 
  • endocrinien, 
  • psychologique. 

Ça peut être aussi une lésion qui laisse des traces ou le virus qui persiste quelque part. 

"Les explications ne sont sans doute pas les mêmes pour chaque patient", dit elle. "C'est peut être un groupe hétérogène de patients. Peut être pour 10% d'entre eux, c'est le virus qui persiste, peut-être qu'un certain pourcentage de cas, c'est des péricardites et des myocardites qui peuvent être soit des séquelles de l'épisode aigü, soit qui sont arrivés après. Et pour d'autres, un syndrome de fatigue chronique. Il est possible aussi que ce soit plusieurs entités".

Le professeur Salmon se veut rassurante : de ce qu'elle voit, les symptômes ont plutôt tendance à diminuer avec le temps. 

Elle invite en tout cas les patients concernés à se rapprocher des services d'infectiologie de leur ville ou de leur région pour consulter. 

Une député des Alpes maritimes qui souffre-elle même d'une forme persistante, milite de son côté pour une reconnaissance officielle de ces symptômes : elle souhaite qu'ils ouvrent droit à des aménagements du temps de travail ou des arrêts maladie de longue durée. 

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