C'est la troisième édition du "Dry January" ou "Défi de Janvier", en France. L'opération commence à bien trouver sa place, juste après les fêtes ! L'objectif n'est pas l'abstinence mais la réduction de la consommation. Savoir se limiter, et en mesurer les bienfaits.

Un rendez-vous initié en 2020 en France. Le concept vient de Grande-bretagne.
Un rendez-vous initié en 2020 en France. Le concept vient de Grande-bretagne. © Getty

Après les éventuels excès de la fin d'année, retour au sérieux en ce début janvier, avec le désormais bien connu Dry January, autrement appelé Défi de Janvier. Un mois pour initier la désintox. Le concept nous vient de Grande Bretagne. C'est la 3e édition en France cette année, et petit à petit, le rendez-vous s'installe... Pourtant, ce n'était pas gagné au départ.

Souvenez vous en 2020, pour sa première édition, ce Défi de Janvier s'était heurté à un tir de barrage du lobby alcoolier, qui a tenté lui même d'installer ses propres initiatives vins et santé (ce qu'il continue de faire, d'ailleurs). l'opposition a été si forte que les pouvoirs publics se sont finalement retirés de l'opération. Santé Publique France, qui devait s'y impliquer, a subitement disparu des messages portés par l'opération, alors même que le Mois sans tabac est soutenu, depuis le début, par les autorités sanitaires. Le Défi de Janvier poursuit donc sa route sans soutien officiel, porté seulement par des associations et sociétés savantes. Par la Ligue Nationale contre le Cancer, notamment, puisque, rappelons-le, l'alcool est à l'origine de 16 000 décès par cancer chaque année (foie, œsophage, sphère ORL).

Le Défi est relayé par des villes aussi qui créent des initiatives autour de l'événement. Et puis, l'application Try Dry, créée autour de ce Défi de Janvier, attire de plus en plus de monde.

D'après ses organisateurs, ce défi d'un mois de janvier sans alcool se veut ludique et pas moraliste ou prohibitionniste. L'idée n'est pas de devenir abstinent comme avec la cigarette, mais plutôt d'éprouver son rapport à l'alcool, de voir dans quelle mesure on peut limiter sa consommation et en mesurer les bénéfices. De dé-systématiser aussi l'alcool dans les relations conviviales.

Difficile de quantifier les effets des deux premières éditions, mais une enquête récente de YouGov a montré qu'apparemment, un quart des Français font le Défi complètement ou partiellement.

Bernard Basset fait partie de ceux qui ont lancé l'opération, il préside l'association Addictions France: "Moi je fais le Dry January et _ça ne m'empêche pas de voir mes amis au mois de janvier, mais je les préviens, et on trouve une autre façon de partager ensemble_. C'est un moyen aussi de changer les habitudes. Dire qu'on relève le défi c'est donc aussi initier une autre façon de boire, d'imaginer du soft. Et on en mesure les bienfaits. En terme de sommeil, notamment, de poids, aussi, car on en perd quand on boit moins !"

Petit rappel : les repères de Santé Publique France pour une consommation à risque limité, c'est 10 verres maximum par semaine, et jamais plus de 2 verres par jour. Ca fait donc 2 jours dans la semaine sans rien boire.

En Grande-Bretagne, où l'opération a été initiée, il semblerait que grâce à elle, on boive moins dans la durée : six mois après Dry January, les Britanniques qui ont suivi l'opération consommeraient en moyenne, un verre de moins par jour !