Toujours plus d'imagerie médicale en France, heureusement, de plus en plus, on réduit les doses d'irradiation. On en parle ce matin, à l'occasion des Journées francophones de Radiologie qui réunissent jusqu'au 11 octobre les professionnels du secteur.

Les scanners irradient aujourd'hui plus de 5 fois moins qu'il y a encore 10 ans
Les scanners irradient aujourd'hui plus de 5 fois moins qu'il y a encore 10 ans © Getty

De plus en plus de radios, de scanners, d'IRM... C'est le sens de l'histoire, on a de plus en plus besoin de ces images. Parce que la population vieillit, avec des gens âgés malades, qui ont des pathologies chroniques, à surveiller. Parce que la médecine est une médecine de plus en plus de précision, individualisée, qui nécessite de plus en plus la collecte de ces images. L'IRM utilise les champs magnétiques, donc pas de rayons. Ce n'est pas le cas des radios et des scanners. Mais à force, quel effet peuvent avoir des irradiations répétées sur les patients ?

Un exemple, en oncologie : pour le suivi d'un patient atteint d'un cancer du poumon, il faut un scanner thoracique toutes les 6 à 12 semaines. Le scanner étant le plus irradiant des appareils, plus irradiant en tout cas qu'une radio, ça fait beaucoup d'irradiations au total. Quel est l'effet de long terme de tout ça, l'effet cumulatif ? De l'aveu même du professeur de radiologie au CHU de Strasbourg, Mickaël Ohana, "On ne sait pas vraiment : y a -t-il un effet délétère linéaire, c'est à dire plus on reçoit de rayons, plus c'est toxique, ou alors un effet de seuil, au-delà d'une certaine quantité de rayon, ça devient trop nocif ? On ne sait pas le dire précisément, donc on essaie de faire toujours le moins possible."

La règle en effet dans le métier a toujours été de faire en sorte d'irradier au minimum : faire de l'image uniquement quand c'est indispensable, choisir la technique la moins irradiante, et irradier le moins possible. Et la bonne nouvelle, c'est qu'on y arrive de mieux en mieux, avec des doses pour un scanner thoracique par exemple qui ont été divisées par 5, par 6 en l'espace de dix ans. "J'ai un patient que je suis pour une exposition à l'amiante depuis des années, et la dernière fois qu'on a fait son scanner thoracique, on s'est rendu compte à quel point les doses avaient diminué, pour une image de meilleure qualité en plus ! C'est comme si vous aviez une voiture qui roule mieux, plus vite, en consommant du 2 litres aux100 plutôt que 10 litres aux 100 il y a dix ans !"

Hélène Kovacisk est professeur de radiologie au CHU de Montpellier, elle préside les Journées Francophones de Radiologie cette année, et elle en convient elle aussi : "Les progrès techniques nous ont permis d'avoir de très bonnes images en irradiant beaucoup moins, on fait maintenant du très low dose, et des scanners thoraciques n'irradient pas plus qu'une radio des poumons face/profil ! Dans mon exercice, il est clair qu'on utilise désormais des doses 5 à 10 fois inférieures à ce qu'on pouvait faire il y a 15 ans !"

Ces progrès, on les doit à un matériel plus performant, plus sensible, aux progrès de l'informatique aussi, avec des algorithmes d'intelligence artificielle qui permettent de reconstruire une très bonne qualité d'image avec des données collectées pourtant plus pauvres. En France, on n'a pas le parc de scanners le plus important d'Europe, mais l'avantage c'est que la règle est de renouveler les machines très régulièrement, tous les 5 à 7 ans. Les machines sont donc récentes, et les patients à peu près sûrs d'avoir accès à ce qui se fait de mieux.

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