Salomé Corbo est comédienne. Habituellement, elle passe sa vie sur les planches ou devant une caméra, mais depuis quelques semaines on la voit surtout à quatre pattes dans les champs de maïs. Un reportage signé Vincent Resseguier, de Radio Canada.

Salomé Corbo
Salomé Corbo © Radio Canada

Le travail à la ferme a été une bouée de sauvetage au niveau financier et un apprentissage inspirant pour cette mère de trois enfants qui vont eux aussi participer à la cueillette des fraises une fois l'année scolaire terminée.

La comédienne a fait le conservatoire puis a commencé une carrière à la télévision. Elle l'explique au micro du reporter Vincent Resseguier et raconte que cette carrière télévisée lui a permis de continuer à faire des projets au théâtre et de l'improvisation.

Mais dès le début du mois de mars, tout a changé. En quelques jours, elle a perdu tous ses contrats : "On travaille le plus de mars à novembre/décembre. Ce sont les beaux mois durant lesquels on peut tourner et c'est également le moment des festivals durant l'été."

De mars à décembre, j'ai perdu mon année financière.

Elle explique s'être laissé du temps pour du ménage, nettoyer sa garde-robe. Mais peu à peu, les finances sont devenues problématiques. Elle a alors décidé de répondre à l'appel des agriculteurs en manque de main d'œuvre. Elle partage sa décision sur les réseaux sociaux et se retrouve face à une avalanche de commentaires négatifs.

On s'est bien moqué de l'idée de l'artiste qui va au champ. 

"Je pense qu'on a une vision de l'artiste en robe de gala et en talons hauts. Mais on oublie que l'artiste est assez en forme physiquement. On a l'habitude de travailler de 5h le matin à 7h le soir pour ceux qui font du tournage. Et comme cela m'avait un peu piqué l'orgueil qu'on dise que les artistes avaient l'air de cons dans les champs."

J'avais besoin de comprendre que je n'étais pas qu'une actrice et que j'étais démunie face à l'adversité et que j'avais la capacité physique et mentale de me réorienter. C'était pas tant les sous que la possibilité de me dire 'Est-ce que demain matin, je peux faire autre chose ?'. Je serais toujours une artiste dans l'âme. Même si je travaille dans les champs, je fais des blagues à mes partenaires." 

J'avais besoin dans ma tête de savoir qu'il y avait une option B, C ou D et que je pouvais subvenir aux besoins de ma famille même en temps de crise.

Salomé explique que le fermier a bien voulu accueillir ses enfants. Et qu'elle a pu admirer son fils de 9 ans, citadin invétéré, participer à des travaux de la ferme, ce qui l'a émue. Elle affirme également s'être sentie plus proche de la terre, et de la base de la vie. Elle ajoute en effet, que si l'on ne cultive pas dès maintenant, des soucis pourraient se poser en automne et sur le reste de l'année et le Canada ne peut pas importer toute l'alimentation. 

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