De nombreux fans se réunissent à Memphis chaque année pour rendre hommage au King. Mais intéressons-nous à l'un d'entre eux, extraordinaire par son parcours qui l'a mené là…

Fans d'Elvis Presley réunis devant Graceland à Memphis (en 2004)
Fans d'Elvis Presley réunis devant Graceland à Memphis (en 2004) © Getty / Mike Brown

La ville de Memphis aux USA se remplit chaque année d'un horde de fans venus du monde entier. Certains viendront en famille, d'autres en groupe avec les fan-clubs dont ils font parti - mais c'est l'incroyable aventure solitaire d'un admirateur d'Elvis qui me passionne aujourd'hui.

Je tombe sur son livre, L'Atlantique à mes pieds, où il raconte ce qu'il a fait pour Elvis - et ça n'est pas banal :

Je suis parti d'Evian où je suis né, et j'ai relié après 17000 kilomètres en pédalo (six mètres de long, autoretournable), en pédalant sur terre et sur mer, je suis arrivé à Memphis. Au bout de sept ans et sept mois d'efforts. J'ai fait deux fois l'Atlantique. La première fois je suis arrivé au large de la Desirade mais à cause des grands courants marins contraires, j'ai pas pu accoster.

Comme j'aime bien les choses finies, et comme j'étais un peu frustré quand même de pas voir la terre, j'ai décidé de recommencer l'année d'après. Là j'ai battu le record du monde : j'ai fait la traversé entre la Grande Canarie jusqu'à la Martinique en 88 jours.

Je n'en crois même pas mes oreilles. Cet homme déterminé et tétu était donc parti du bord du lac Léman pour aller sur la tombe d'Elvis en pédalant.

Moi je ne suis pas du tout marin, je suis né à la montagne, je suis un pur et dur, né à Evian. Un jour j'ai pris la carte maritime. J'ai vu Evian, et sur la même latitude : Memphis.

Je me suis dit : pourquoi je ferais pas ça, en pédalant sur terre et sur mer !?

Et puis voilà... Quand j'ai une idée en tête, je ne la lâche plus et voilà. Beaucoup de gens m'ont pris pour un fou mais au bout du compte j'ai réussi.

La passion pour un artiste peut faire accomplir des choses incroyables. Et plus l'artiste est grand, plus il y a d'enthousiasme :

Il y a des millions de fans d'Elvis mais je me sentais à part parce que pour aller rendre hommage à Elvis on a juste à aller prendre un billet d'avion et moi j'avais pris un autre chemin qui a duré plus de sept ans. Quelque part j'étais fier d'arriver là-bas. Je n'allais pas là-bas en arrivant comme un roi. Moi c'était complètement dans l'inconnu avec mon vélo, mes sacoches et puis... Elvis me portait !

Didier Bovart avait réalisé une sorte de chemin de Compostelle - mais à la gloire d'Elvis. Et le tout dans un discrétion toute personnelle.

Je ne suis pas quelqu'un qui a des costumes ou des badges d'Elvis ; moi je suis quelqu'un qui a Elvis dans son cœur. C'est la musique d'Elvis que j'aime bien ; c'est son charisme qui est au fond de moi. Comment dirais-je ? J'extériorise pas Elvis, c'est au fond de moi.

Pour moi c'était extraordinaire. et j'ai remercié les larmes aux yeux Elvis de m'avoir fait vivre cette aventure qui je vous dis à duré plus de sept ans de ma vie

L'exploit inédit de Didier Bovart est vraiment à découvrir dans le détail dans son livre, L'Atlantique à mes pieds. Et, au paradis des musiciens, Elvis Presley doit être assez fier d'avoir des fans comme lui.

♪ Musique : Elvis Presley - Good Rocking Tonight (1954) de Roy Brown

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