Il était l'un des journalistes à accompagner Emmanuel Macron jeudi 6 août à Beyrouth après l'explosion du mardi 4 août. Nathanaël Charbonnier, journaliste à la rédaction internationale de Radio France, dévoile les coulisses de ses reportages au Liban.

Une photo montre la scène d'une explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020.
Une photo montre la scène d'une explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020. © AFP / STR

Quand il arrive à Beyrouth le jeudi matin aux côtés du président Macron, il a déjà en tête les images de la fumée et des explosions qui circule dans les médias et sur les réseaux sociaux depuis le mardi 4 août. Mais une fois sur place, Nathanael Charbonnier découvre un panorama de "ville détruite" comme il n'en n'avait jamais vu avant.

On se demande comment c'est possible qu'une ville soit détruite aussi largement. Il y a du métal froissé, des voitures fracassées, sur tout l'horizon.

La visite d'Emmanuel Macron, "un spectacle en soi"

Nathanael Charbonnier accompagne le président sur les lieux de l'explosion, puis dans la rue, au contact des libanais. En chemise blanche, les manches retroussées, le président envoie un message fort : "Si je suis là, c'est pour vous aider". 

Du côté des journalistes, encerclés d'une part par le peuple libanais et de l'autre par les militaires, "c'est un peu le bazar" reconnait Nathanael Charbonnier. Son technicien n'étant pas encore arrivé sur place, il doit couvrir la visite du président français seul, deux appareils photos autour du cou et un magnétophone à la main. 

Le rôle du fixeur est également très important au cours de ce genre de reportage. Il accompagne les journalistes pour les conduire, les guider, ou pour la traduction, capitale sur le terrain. Il donne aussi des indices, sur les personnes à interroger, sur les lieux, les événements. "Il aide à mieux comprendre et réagir" tout au long du reportage.

Un reportage sous les gaz lacrymogènes

Le samedi 8 août, Nathanael Charbonnier assiste aux manifestations dans des rues difficiles d'accès, blanchies par la fumée des gaz lacrymogènes. Il y croise également des corps ensanglantés et des civières, et doit retranscrire ce qu'il s'y passe, ce qu'il y voit, mais surtout la pression et la colère des libanais.

Là, on se rend compte assez vite que ça va déraper.

"On ne peut pas rester tout le temps, c'est impossible sans masque à gaz" ajoute-t-il, en lus d'être encerclé à la fois par les manifestants, les militaires et les ambulances. Certains lieux, comme les ministères investis par les libanais, deviennent inaccessibles. Cependant, selon le journaliste, le Liban "n'est pas un endroit où l'on se sent en danger", ce qui est "important et change tout dans la façon de travailler".

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