Comment traiter d'un sommet décisif, mais dont les discussions se déroulent à huis-clos ? Louise Bodet, de la rédaction internationale de Radio France, a dû ruser pour rapporter le déroulement des négociations autour du plan de relance européen.

Comment couvrir un événement lorsque la crise sanitaire nous ferme les portes de ce dernier ? Louise Bodet, reporter à la rédaction internationale de Radio France raconte les coulisses de ses reportages sur le déroulement des négociations autour du plan de relance européen. 

Ça contrevient aux règles de notre métier : rapporter ce que l’on voit. C’est l’essence même du mot reporter.

Parfaire sa révolution numérique

« Ça ne remplace pas le vrai reportage », mais Louise Bodet a dû faire avec les moyens du bord pour un reportage à distance. « On est obligé de parfaire sa révolution numérique ». A la disposition des journalistes : des images retransmises en direct sur la plateforme de diffusion des institutions européennes, des déclarations de dirigeants européens à leur arrivée ou à leur sortie du bâtiment Europa, mais aussi des dépêches d’agences, des site d’information, ou les comptes Twitter et les articles des journalistes qui connaissent parfaitement toute la machine. 

On reste à l’affut du moindre petit élément visuel des images des salles du conseil européen qui pourrait nous donner une indication.

Il y a aussi la fameuse « boucle Whatsapp », passage obligé lors d’un conseil européen avec pleins de petites informations, de décryptages ou de debriefs de la part des conseillers d’Emmanuel Macron. 

Des informations à vérifier 

Selon la reporter de la rédaction internationale de Radio France, il y a eu des moments de grandes tensions à raconter tout au long de cette rencontre, mais en faisant attention. Louise Bodet confie que la principale source de ce conseil européen n’était autre que la délégation française, à savoir les conseillers du président et son service de presse, « la parole la plus délicate à traiter pour un journaliste » selon elle. 

Des informations pourraient être déformées : « quand ça se passe bien, c’est évidemment grâce au président français », ironise-t-elle, « Chacun essaie de vendre l’action du chef d’Etat ou du chef du gouvernement à sa presse ». 

« On fait tout pour recouper au maximum les informations, on utilise beaucoup le conditionnel et on se méfie » quand on n’est pas sûrs de quelque chose ou si un détail semble un peu douteux.

Mais dans ce cadre précis, la communication de l’Elysée est parfois plus intéressante que les informations en elles-mêmes selon la reporter : elle montrait qu’Emmanuel Macron était déterminé et que « l’ambition du plan de relance allait être préservée ».