Ce matin, réveil en fanfare avec les héritiers des Blues Brothers, les français Electro Deluxe qui sortent un nouvel album flamboyant : « Apollo ».

Le groupe Electro Deluxe en concert en Turquie en 2018
Le groupe Electro Deluxe en concert en Turquie en 2018 © AFP / MUSTAFA CIFTCI / ANADOLU AGENCY

Non le funk n’est pas mort. 

Cette musique, qui porte le qualificatif d’une odeur, funk, skunk, putois, qualifiant la sueur des danseurs des juke joints, ces cabanes qui poussaient en lisière des champs de coton du sud du Mississipi ou les ramasseurs se réunissaient le samedi soir pour oublier leur semaine harassante en buvant de l’alcool frelaté, cette musique portant le bruit et l’odeur dans ses gênes, est une musique sale, au sens roots du terme. 

Un son bien crawel, qui sent les effluves musqués des corps en transpiration

Dans transpiration, il y a transe et ration, ma ration de transe pour supporter la vie, ration qui a fini un peu dévoyée et délayée fin des années 70 dans l’eau de Cologne du disco.

Et pourtant, il est des gens, qui sont restés scotchés dans une boucle de l’espace-temps, une boucle à paillettes, et qui ont repris le flambeau du début des seventies, de la blaxploitation music, du black is beautiful d’Angela Davis, de la danse du One, ou la syncope se déplaçant sur le premier temps devient la norme, et quand la syncope devient le temps, alors la planète tourne à nouveau dans le bon sens.. 

Les gars d’Electro Deluxe ont rendu hommage à leurs maitres pendant longtemps. Mais rester fidèle, c’est rester déférent, et surtout immobile. Si la musique afro-américaine est un arbre dont les racines sont le blues, le tronc le jazz, et les branches la soul, alors les gars d’Electro ont rajouté au bout des branches les ampoules colorées de l’électro.

Chaque génération apporta son tribu au rythm’n blues des seventies, il y eu Parliament, Tower of power, Earth wind and fire, Blood sweat and tears, et puis on peut dire que Michael Jackson et Prince sont les enfants méritants du P Funk glorieux des early seventies.

Le principe actif du funk ?

On garde un accord pendant 32 mesures avec une ligne de basse lancinante, des riffs de cuivres découpés au stroboscope, une guitare hachant la pulse avec la charley du batteur. Le temps est rendu palpable dans cette musique, décomposé comme dans les premiers chronophotographes, ces machines qu’on exhibait dans les foires et les bordels,  ou l’on voyait un cheval au galop en faisant tourner une succession des phases de son mouvement.

Le funk, c’est un mouvement continu fait de hachures, de brisures, d’éclats de voix et parfois, de génie..

En tournée dans toute la France, ils seront le 11 octobre à la Cigale.

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