Ce matin un phénomène pop, à seulement 17 ans, la jeune californienne Billie Eilish est déjà la coqueluche mondiale avec son album noir et nonchalant…

Extrait Wish you were gay  

Qu’est ce que ça dit d’un art, quand ceux qui nous donnent une magistrale leçon d’esthétique sont deux bidouilleurs à peine sortis de l’adolescence ?

Bien sur depuis le début, la musique regorge d’enfants prodiges.

La jurisprudence Mozart : Les pères y sont pour beaucoup, et s’ils volent l’enfance de leur progéniture, ils représentent malgré tout un horizon à partir duquel l’enfant se construit.
La meilleure stimulation pour un enfant c’est l’envie que lui donnent ses parents en jouant eux mêmes d’un instrument. 

Mais pour la pop, c’est autre chose. Il y a le désir de se construire un monde à soi, loin des adultes. C’est la jurisprudence Peter Pan.

Et ça marche encore mieux dans une fratrie.

Le frère et la sœur, le couple mythique des Pharaons qui s’épousaient pour garder leur divinité intacte, les enfants terribles de Cocteau, Angèle et Roméo Elvis, et maintenant Billie Eillish et son frère Finnéas…

Extrait All the good girls go to hell   

Qu’est ce qui nous touche chez Billie Eillish?

Une expression unique, qui fait son avec les playbacks que lui concocte son frangin. Une production à l’image de l’époque, un fourre tout élégant de Ukulele, de nappes électro, de progra hip hop jazzy avec des grosses basses de trap, une prod qui reprend l’adage de la compagnie créole :  Aujourd’hui tout est permis.

Et puis cette voix, si particulière, trainante, abandonnée, celle d’une bourlingueuse en pause dans le dernier saloon avant le désert.

Extrait When the party’s over  

Mais qu’est-ce qu’elle a sa voix, à Billie Eillish ?

Un growl impeccable, imperceptible et désabusé, comme celui d’une pétroleuse de première classe  qui aurait tout vu tout vécu du haut de ses dix-sept ans, comme une voix qui aurait renoncé.

Entre la confidence désabusée et la comptine fantastique,

Billie Eillish développe mieux que personne l’esthétique du vampire.
Dans les séries romantiques, le vampire fascine  parce qu’il est comme l’ado : ni adulte, ni enfant, entre deux états, ni mort, ni vivant.

Cette môme avec sa voix dépressive  nous fout la pêche : C’est le néo blues au pouvoir cathartique absolu.

Mais il y a tout sauf de la résignation dans le chant de Billie Eillis,  comme dans le combat de Greta Thunberg, l’autre ado, suédoise celle là,  qui est en train d’organiser une grève mondiale pour sauver la planète…

Extrait Goodbye 

  • Légende du visuel principal: Billie Eilish © Getty
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